CHAPITRE VI
léans, sur la demande de Pierre de Beaulieu, qui avait reçu le baptême dans cette paroisse et qui remplissait les fonctions de sous-chantre d'Auxerre'. Il était temps; car, six mois après, les huguenots allaient détruire le morceau principal, et la Révolution devait ensuite faire disparaître ceux qui avaient été distribués jusque-là. La petite relique d'Olivet seule a survécu, après avoir été sauvée de la tourmente de 93 par le serrurier chargé de dépouiller l'église, et restituée par son héritier en 1839. C'est dans cet humble sanctuaire de campagne que le dernier vestige du beau trait d'Amiens, après avoir été remis en honneur par M. l'abbé Méthivier, reçoit les témoignages de la vénération publique ^ Mentionnons, pour terminer, plusieurs ornements sacrés conservés durant de longs siècles comme ayant appartenu au saint confesseur : une chape, donnée par les religieux de Marmoutier aux chanoines de Saint-Hilaire de Poitiers ; une mitre d'or, brûlée à Tours par les huguenots; une chasuble, qui a été remarquée jadis par les bénédictins; un anneau d'or, avec saphir blanc, porté sur l'inventaire de Saint-Martin-des-Champs en 1342; une étole, qui a passé de Worms à l'église d'Aschaffenbourg^ Cette dernière subsiste seule : elle se compose d'une bande d'étoffe bleuâtre, paraissant formée d'un tissu de lin et de soie, longue de trois mètres et large de sept centimètres; sur sa longueur, d'un côté comme de l'autre, sont tracés neuf fois les mots sui-
i Titres des archives de l'Yonne, communiqués par M. Quentin à M. le curé d'Olivet et cités dans sa Notice historique sur une relique du manteau de S. Martin, p. 32. Crosnier, le Culte de S. Martin en Nivernais, p. 24. Au XVI"' siècle, les inventaires de la cathédrale d'Auxerre font mention d'un <i reliquaire d'argent doré, en Ibrino quari'ée, auquel est le manteau de Mer sainct Martin, ayant, en la face de devant, l'image de Mer sainct Martin à cheval, divisant son manteau au pauvre, et dessus Deus in nubibus. i> En 1420, la relique n'était encore que dans une châsse de bois. (Même notice, p. 29. Cf. la Revue archéol , an. 1869, p. .33.5.) = 2 V. dans la même Notice les détails intéressants de cette restauration. = ^ Martène, Hisl. de Marmoutier, I, 497. Gervaise, p. 430. Voyage littéraire, I, 90. Archives nationales, L 872, n» 33. Hist. episc. Wormat., 1 , 136.
vants : In nomine Domini, ora pro me'. Il serait difficile de se prononcer sur Taulhenticité de ces diverses reliques. Cependant il est bon d'observer, au sujet de celles qui étaient gardées à Tours, qu'un passage de Guibert de Gemblours signale, près du tombeau du saint, l'existence d'une espèce de cachette, contenant certains ornements pontificaux dont il se servait de son vivant^. Cette coïncidence donne quelque valeur à des traditions qui, si on les considère isolément, pourraient sembler suspectes. Mais, du moment que les objets en question n'existent plus, l'éclaircissement du fait perd beaucoup de son intérêt.
' Communication de M. le chanoine Heuser, de Cologne. — 2 Sacras vestes, r/uibus saccrdos inarjnus m diebus suis in celebralione sacramenlorum utehalur, m looo secrelo cl paucis coqmlo pixla mausoleum ejus scimus esse recondilas. (Bii.l. de IBruxellcs, ins. 1510-1'J.)