‹ Saint MartinChapitre 244 sur 317 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

ment rérection du vénérable sanctuaire auquel nous devons à présent notre première visite.

Sainl- Martin -des -Champs, à Paris. La capitale a possédé plusieurs églises sous l'invocation de l'apôtre des Gaules : d'abord l'oratoire élevé à l'endroit même où il guérit le lépreux, et dont j'ai indiqué plus haut la place exacte, oubliée de très bonne heure, parce quel'édicule, fait en partie de branches entrelacées, n'avait pas tardé à disparaître, bien que son mur eût arrêté miraculeusement un incendie général de la cité; Saint-Martin au cloître Saint- Marcel, antique chapelle devenue paroisse au xni'' siècle, et dont la Révolution ne nous a laissé que quelques pans de mur, encore visibles dans une maison de la place Saint- Marcel; Saint-Martin-des-Orges, appelé aussi Saint-Martinle-Vieil, dépendance de la riche abbaye de Saint-Germaindes-Prcs, siluée à l'extrémité de son jardin, à l'endroit qui forme aujourd'hui l'angle des rues Jacob et Saint-Benoît, et démolie en 13G8 pour faire place aux fortifications de l'enceinte abbatiale; Saint-Martin-des-Pénitents, siège d'une confrérie établie par saint Louis. On pourrait compter aussi la chapelle du même nom fondée, vers 1325, dans l'église Notre - Dame par Pierre de Condé , chanoine de Paris (la troisième à gauche dans la nef); celle que renfermait l'église Saint - Séverin , et dont l'abbé Lebeuf rattachait l'origine à un antique oratoire ayant existé sur le même emplacement; enfin le collège de Saint- Martin-du- Mont , appelé ensuite le collège du Plessis, où l'on honorait d'un culte spécial la mémoire de l'évêque de Tours De nos jours, l'érection d'une nouvelle paroisse dans la rue des Marais lui a rendu un modeste temple en échange de tous

1 Arch. nationales, K 183, liasse 1 , n" 3 , et L 301 , n» 49. Grég., Hist., Vlll , 33. Lebeuf, IJist. du dioc. de Paris, I, 164, 201 ; III, 3. Guérard , Carlul. de Noire- Dame, index géographique. Pertz , XVIl , 76. Martène, Hist. de Marmoutier, II, 270 et suiv. Mém. do la Son. de sphragistiqii.e de Paris, an. 1851 , p. 98 et suiv.

LES Ér.LlSES DÉDIÉES A SAINT MARTIN

ceux qu'il avait perdus dans la grande ville. Mais aucun de ces sanctuaires parisiens n'a eu ni ne saurait avoir l'éclat, l'importance matérielle et morale du prieuré de Saint-Martin-des-Champs. Dès l'an 710, il existait depuis un temps indéterminé, et sans doute assez long, une basilique sous ce vocable entre la cité et la vieille église Saint- Laurent : elle est mentionnée dans un placite de Childebert III , rendu à cette date pour transférer dans le voisinage une foire devenue fameuse par la suite. Ce monument, dont l'origine est inconnue, avait dû être élevé, lui aussi, en commémoration d'une des haltes du saint missionnaire , peut-être au lieu où les Parisiens qui se portaient audevant de lui l'avaient rencontré, car il arriva chez eux de ce côté. Mais, comme il fut ruiné par les Normands, qui épuisèrent leur rage aux alentours de la cité, la véritable cause de son érection fut oubliée. Plus tard le roi Henri P"", en retrouvant les débris, s'imagina avec ses contemporains que c'était là le sanctuaire construit jadis en souvenir du baiser donné au lépreux; en effet, la trace de cette dernière église ne subsistait nulle part ailleurs. Il le rebâtit donc avec autant de libéralité que de piété sur un plan beaucoup plus vaste, et il y établit un collège de chanoines, qu'il dota de revenus et de terres. Cette fondation, qui date de lOGO, aurait été faite, d'après l'histoire de Pvobert Gaguin, en action de grâces de la victoire remportée par le souverain sur les compétiteurs qui lui avaient disputé le trône à son avènement : les succès militaires, les triomphes de nos rois étaient presque toujours rapportés à l'intervention de saint Martin. En 1067, son successeur Philippe P'', âgé d'environ douze ans, fit faire la dédicace du nouvel édifice avec une pompe sans égale, en présence du régent Baudouin de Flandre et de la plupart des grands du royaume. Douze ans a])rès, il substitua aux chanoines des religieux de Cluny, envoyés par saint Hugues, et cette transformation fit, comme il l'avait espéré, la grandeiir de

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