‹ Saint MartinChapitre 249 sur 317 · ART CONTEMPORAIN · texte numérisé non relu

ART CONTEMPORAIN

KCOLE FRANÇAISE

" Les Tourangeaux enlèvent le corps de saint Martin aux Poitevins qui prétendaient s'en emparer. » Parmi les peuples qui accoururent à Candes pour contempler une dernière fois les traits du saint apôtre, deux groupes rivaux ne tardèrent pas à se former. Il y avait les Tourangeaux qui réclamaient, comme leur bien, la dépouille mortelle de leur évêque; il y avait les Poitevins qui ne la réclamaient pas moins vivement et qui élevaient à la hauteur d'un droit le souvenir de Ligugé. La victoire demeura aux plus habiles, ou, pour mieux dire, aux plus aimants. Au milieu de la nuit, les Poitevins s'endormirent : pas un ne résista au sommeil. Les Tourangeaux, en gens avisés, profitèrent de cet instant pour s'emparer du saint corps, et le firent sortir sans bruit par une fenêtre dont on croit encore aujourd'hui reconnaître la place. Ceux qui étaient dans la maison tendirent le précieux fardeau à leurs amis. (Voy. Grégoire de Tours, Hisl., 1, 43; Virt. sancli Martini, II, 45, et, dans le présent livre, les pp. 366, 367.) — La date réelle de la mort de saint Martin est le 8, et non le 11 novembre.

Carton de M. Claudius-Lavergne fils, pour un vitrail ilostiiio à leglise de Candes.

la France et le patron local. On a vu, du reste, que le nom du second se rencontre à chaque pas dans le diocèse d'Arras, et peut-être plus que partout ailleurs'.

Saint-Martin de Laon. Vers 1123, Barthélémy, évèque de Laon, amenait de Reims saint Norbert et ses compagnons, et leur offrait pour demeure une petite éprlise dédiée à saint Martin, existant depuis très longtemps hors des murs de sa ville épiscopale. A plusieurs reprises il y avait installé des religieux; mais ceux-ci n'avaient pu la desservir avec succès. « Je n'ai pas abandonné, dit Norbert, de grandes possessions dans mon pays pour venir en chercher de petites à Laon; il me faut un désert inculte. » L'évêque lui indiqua la forêt de Thiérache et différents sites plus ou moins sauvages : il s'établit enfin à Prémontré. Plus tard, voyant que sa communauté prospérait, Barthélémy lui redemanda une colonie pour la même petite église : il obtint deux ou trois religieux, confiés à la direction de l'abbé Gautier. Ce nouveau venu, qui était un fervent serviteur du grand thaumaturge, désensorcela en quelque sorte la maison. Dans les premiers temps, il n'avait qu'un âne, appelé Bourdin, qui servait à transporter du bois de la forêt voisine jusqu'à Laon, oîi les bons frères vendaient sa charge pour se procurer le pain de chaque jour. Douze ans après, ils étaient plus de cinq cents; ils avaient de tout en abondance, tiraient de leurs vignes trois mille muids de vin par an, et nourrissaient tous les pauvres et tous les pèlerins qui se présentaient. Ils eurent l'honneur de recevoir, en 1131, le pape Innocent. Ils fournirent à leur tour des colons au monastère de Drongen , en Flandre, et à d'autres. Enfin

i Annal, hened., I, 4Li4. Vie de S. Berlidfe, écrite au xi' siècle. Communication de M. Deseille, curé de Saint-Martin-au-Laërt. D'après une ancienne notice publiée par Guérard (Cart. de S. Berlin, p. 38), cette église aurait été l'ondée, non par S. Orner, mais par Rigobert, successeur de S. Berlin, et sur l'ordre de ce dernier. Mais il n'y a peut-être là qu'une confusion entre deux monastères dill'érents.

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