‹ Saint MartinChapitre 250 sur 317 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

leurs successeurs eurent pour commendataire un personnage qui ne se contentait pas de maigres abbayes, le cardinal Jules Mazarin. L'église du xii'' siècle a survécu, avec une façade revêtue d'un beau placage un peu plus récent

Saint-Marlin de Reims. Vénérable sanctuaire, mentionné dans le testament de saint Remi et situé autrefois dans le bourg qui portait son nom. Ce pontife dit l'avoir bâti luimême, en reconnaissance de l'extinction d'un incendie qui avait failli consumer toute la cité; mais, d'après Marlot, il aurait existé auparavant, et ce ne serait là qu'une reconstruction. Nous avons, du reste, eu déjà la preuve de la dévotion professée par l'illustre conseiller de Glovis pour la mémoire de saint Martin. Notre premier historien rapporte plusieurs miracles opérés dans la même ville par le grand thaumaturge, et Flodoard, qui consacre un chapitre de sa chronique aux nombreuses basiliques placées sous son invocation dans le diocèse, ajoute un trait d'où nous pouvons conclure qu'à Reims comme à Tours on prêtait sur son autel des serments solennels, dont la violation était suivie de châtiments effrayants. Saint-Martin de Reims fut enlevé aux archevêques à la faveur des désordres qui signalèrent l'avènement des Garlovingiens : Louis le Débonnaire le leur restitua. Au xvui" siècle, on a découvert sous l'édifice une crypte fort curieuse, pleine de sépultures et de peintures antiques, analogues à celles des Catacombes. L'apôtre des Gaules avait un second temple à Reims, situé près de la porte Collatice : il était à peu près aussi ancien que le premier, car il se trouve aussi désigné dans le testament de saint Remi ^

Saint-Martin d'Épernay (Marne). Ilincmar et Flodoard disent que cette église fut vendue à saint Remi par Eulo-

1 Acla SS.jïinii, I, 862, 865; juL, III, 6'J9. Fertz, VII, 4oO. Gall. christ., IX, 662. = 2 l lodoard, I, 18; IV, 49. Mailot, Mclrop. Rem. hist., I, 32. D. Bouquet, VI , 5'i3. Communications de M. l'abbé Tourneur et de M. Loriquel.

LES ÉGLISES DÉDIÉES A SAINT MARTIN 56o

gius Gallus, moyennant cinq mille livres d'argent. Elle était donc aussi d'une antiquité peu commune. Les comtes de Champagne y établirent plus tard des chanoines séculiers, remplacés en 1128 par des réguliers, qui l'ont occupée jusqu'à la Révolution \

Saint- Martin-des- Aires , à Troyes. C'était primitivement une simple chapelle, seul reste de la basilique érigée sur la tombe de saint Loup, le vaillant pontife qui avait défendu cette ville contre les barbares. L'abbaye de Saint- Loup remontait au v'' siècle ; par conséquent l'évêcjue de Tours était honoré en ce lieu de fort bonne heure. Les clercs qui desservaient sa chapelle la cédèrent, en 1104, aux augustins. Devenu à son tour une abbaye prospère, Saint- Martin de Troyes reçut plus tard la réforme des chanoines réguliers de Sainte-Geneviève, et subsista jusqu'en 1790 ^

Saint-Martin de Verdun (Meuse). Saint Airy ou Agiric, évêque de Verdun de 554 à 591, voyant ses ouailles entreprendre de longs et fatigants pèlerinages à Tours, voulut leur épargner cette peine. Il déposa dans une église de sa cité des reliques de saint Martin, et ajouta son vocable à celui de saint André, qu'elle portait auparavant. Il y choisit ensuite sa sépulture. Au xi" siècle, cet édifice céda la place à un sanctuaire plus vaste, qui fut desservi par des moines et devint l'abbaye de Saint-Airy ^

Saint-Martin devant Metz. Célèbre monastère fondé, ou plutôt restauré et enrichi, vers 650, par le bienheureux Sigebert, roi d'Austrasie, dont il conserva les reliques jusqu'à sa destruction définitive, en 1552. Érigé d'abord sur le penchant du mont Saint-Quentin, ruiné par les Esclavons, puis rebâti au Ban -Saint- Martin actuel, il passa ensuite par toute sorte de vicissitudes, qui ont

' Gall. ehrhi , IX, 282. ^ Ihid., XIl, 580. Acla SS. sept., VI , 27i. Cf. le Réperloirc archéologique de l'Aube, p. 138. = 3 Pertz , IV, .51 ; Vlll, 337. Communication de M. .lacob, archiviste- adjoint de la Meuse.

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