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ÉCLAIRCISSEMENT CHRONOLOGIQUE

employé, et plus souvent encore, pour désigner Pensevelissement; témoin les Sept Dormants, qui, d'après leur histoire, moururent la veille des ides de novembre et îuvenl deposili le 13 des calendes de décembre i. Le double sens de ce mot aura même contribué peut-être à faire confondre l'anniversaire des funérailles avec celui du décès. Pour le terme de receplio, il est suffisamment clair et tout à fait significatif.

399. Les chroniques de Prosper Tiron, d'Aimoin, de Sigebert de Gemblours placent en cette année la mort de saint Martin 2. C'est là une simple erreur de chiffre, comme ces chroniques en renferment tant, et nul critique n'a défendu leur version ; Clichtovée seul l'a reproduite.

400. Chifflet, Anlelme, Pagi, Jérôme de Prato, dom Liron, dom Rousseau , Chalmel et quelques autres ont opté pour cette date , qu'on trouve aussi inscrite dans la chronique d'Albéric de Trois-Fonlaines , avec un très curieux défi de l'auteur à tous les compulistes et chronologistes d'avoir raison de lui sur ce points. Les principaux arguments des partisans de ce système consistent dans le sedecim de Sulpice et dans la chronologie générale de V Histoire des Francs. Pour plier le premier à leur usage, ils sont obligés de faire partir les seize ans en question de l'année 384 ou du commencement de la suivante, tandis qu'il est certain que la condamnation de Priscillien et le concile de Trêves eurent seulement lieu dans le courant ou même dans les derniers mois de 38S. Quant aux calculs de Grégoire de Tours sur la chronologie générale des empereurs, des rois francs et des principaux événements de notre histoire, tout le monde sait qu'ils fourmillent d'erreurs et de contradictions : les plus chauds défenseurs de l'autorité intégrale de son texte, jusqu'à M. l'abbé Chevalier, qui s'est montré si vif et si absolu sur ce point, ont dû le reconnaître.

401. Reinkens, à peu près seul, a conclu en faveur de la date de 401. Ils'appuie uniquement sur le sec/ecim (385 + 16=: 401), et, au lieu de chercher à concilier les autres témoignages, il rejette sans balancer tous ceux de Grégoire, uniquement parce qu'ils émanent de Grégoire, et le plus sûr de ceux de Sulpice [jam septuagenario] , parce qu'il le gène*. C'est un procédé fort commode.

402. Labbe, ou plutôt l'annotateur de son édition des Conciles, s'est prononcé, sans discuter, pour cette date tardive, et Baronius lui a donné un certain crédit, bien tombé aujourd'hui, en s'appuyant toujours sur le fameux sedecim. Le P. Pagi a depuis longtemps relevé et réfuté son erreur 5.

Je crois inutile d'accorder la moindre attention aux dates invraisemblables de 404, 407, 444, etc., inscrites, par mégarde sans doute, dans les chroniques ou dans certaines compilations historiques <>. Les chiffres

1 Grég., cJ. Migne, col. 1118. = 2 D. liniiquct, 1, r,37 , et III, Vi. Pcrtz , VI, 3(1',. = 3 Pcrtz'^ XXIU, 688. = 4 Martin von Tour.':. in>ycnA. 1. - 3 Liil.l.e, 11, Biimiiius an. 3S1 , nos 17, 22. = 6 Max. BiU. Palnun , Unw \'l , iiido.\ clironulugi(iue ajoute au.\ ucrits (Je Sulpice Sévère. Pertz, 111, 150, 171 , de.

APPENDICE

au delà de 402 ne reposent plus sur aucune base. 11 y a donc, en résumé, beaucoup moins d'opposition qu'on ne l'a dit entre les deux sources qui doivent, sur ce terrain, servir de guides à la critique. Aussi, loin de distinguer, comme la plupart des écrivains précédents, une chronologie sulpicienne et une chronologie grégorienne, je conclurai en répétant que Sulpice et Grégoire sont, au fond, parfaitement d'accord et justifient l'un aussi bien que l'autre les dates adoptées dans ce livre, en particulier celle du dimanche 8 novembre 397 assignée à la mort de saint Martin.

Fig. 95. — Monnaies suisses frappées à l'efflgie de saint Martin ( première moitié du xvi« siècle ). 2. Uri , 161

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