XIV PRÉFACE
trop effacé d'un do leurs plus puissants protecteurs, à rétablir les liens salutaires qui les unissaient à lui , et travaillé ainsi au relèvement de notre malheureuse patrie. C'est là ma seule ambition, avec celle d'être compté par les fidèles serviteurs de saint Martin au nombre des leurs. Je supplie ceux qui me liront d'avoir égard à cette intention, et d'être indulgents pour un ouvrage qu'il n'a pas tenu à moi de rendre moins imi)arfait. En même temps, je leur demande instamment de m'adresser les rectifications et les compléments utiles dont cette lecture leur suggérera l'idée : il se peut, en effet, que j'aie l'occasion de les utiliser plus tard. Les observations justes et désintéressées recevront toujours de ma part un accueil favorable, surtout celles qui émaneront des juges compétents et du vrai public, c'est-à-dire de celui qui ne condamne pas de parti pris et d'avance l'œuvre d'autrui.
Certaines personnes trouveront peut-être que mon langage aurait pu trahir avec moins d'éclat mes convictions intimes : il y a toute une école qui prétend exclure du domaine de l'érudition le sentiment religieux et même le sentiment littéraire. Je réponds dès à présent qu'un pareil sujet m'interdisait et l'indifférence et la séclieresse, et qu'à une époque comme la nôtre il est moins permis que jamais de garder la neutralité entre la vérité et l'erreur. Ce n'est pas au moment de la bataille que le soldat peut songer à mettre prudemment son drapeau dans sa poche; ce n'est pas à l'heure où le navire est près d'être envahi par les flots furieux que le matelot amène son pavillon.
Ayant eu, dans le cours de ce travail, à effleurer quelques questions délicates au point de vue de la doctrine, je déclare, en finissant, que je me suis efforcé de les résoudre dans le sens le plus équitable et le plus chrétien, mais que, s'il m'était échappé involontairement une seule parole contraire à la stricte orthodoxie, j'entends la rétracter et me conformer à l'enseignement de l'Église catholique, dépositaire des vérités divines, dans le sein de laquelle je veux vivre et mourir.
Paris, 29 septembre 188(», fête de saint Michel.