‹ Saint MartinChapitre 3 sur 317 · PRÉFACE XI · texte numérisé non relu

PRÉFACE XI

pieusement gardé ou heureusement retrouvé pour attester à sa façon la renommée de Tapôtre des Gaules! J'ai eu la bonne fortune de pouvoir utiliser pour la première fois quelques-uns de ces débris vénérables, et j'ai toujours recueilli scrupuleusement leur témoignage, plus sûr encore que celui de la parole humaine.

Mais, pour traiter convenablement un sujet aussi vaste, aussi universel, je n'ai pas cru devoir me contenter du résultat de mes recherches personnelles. Important chez nous un procédé déjà employé par quelques érudits étrangers, je me suis adressé au savoir et à l'obligeance des personnes de tout pays que leur position mettait à même de posséder des renseignements particuliers, et leur ai transmis un questionnaire. Deux cent soixante réponses me sont parvenues, d'un intérêt fort inégal sans doute, mais dont quelques-unes ont assez de valeur et d'importance pour justifier à elles seules une pareille mesure. C'est dire avec quel empressement le monde savant et le monde religieux se sont unis pour travailler à la gloire de saint Martin. Je me suis fait un devoir de mettre à profit le plus grand nombre de communications possible, en mentionnant avec soin leur origine. Mais ma gratitude ne se trouverait point satisfaite si je n'en adressais ici l'expression collective à tous ceux qui ont pris la peine de me répondre. Il en est parmi eux qui, en raison de l'utilité ou de la variété de leurs indications, ont droit à un remerciement tout spécial. Je citerai, pour la France, dom Piolin, prieur de l'abbaye de Solesmes; M. l'abbé Duchesne, professeur à l'Institut catholique de Paris; M. l'abbé Méthivicr, ancien curé d'Olivet (Loiret);

Ml l'RÉFACK

M. Tabbé Voillery, de Dijon; MM. les curés de Candos et de Ligueil (Indre-et-Loire), du Bernard (Vendée), de Vohiay (Côte-d'Or); M. Jules Desnoyers, de l'Académie des inscriptions et belles-lettres; M. Benjamin P'illon, Tarchéologue bien connu; M. Léo Drouyn. de Bordeaux; M. Charles Abel, président de la société d'histoire et d'archéologie de la Moselle; M. Parisy- Dumanoir, de Dieppe; et plusieurs de ces modestes conservateurs d'archives départementales, érudits aussi consommés que serviables, dont le concours est si précieux dans toutes les questions d'histoire locale : M. Gouget, à Bordeaux; M. Pasquier, àFoix; M. Finot, à Vesoul; M. Chaverondicr, à Saint-Étienne; M. l'abbé Ducis, à Annecy; M. Duval, à Alencon; M. Leroux, à Limoges; M. Parfouru, à Auch ; pour la Belgique, M. l'abbé Duclos, secrétaire de l'évèché de Bruges, et M. Godefroy Kurth. professeur à l'Université de Liège; pour la Hollande, M. Muller, archiviste de la ville d'Utrecht; pour le grand-duché de Luxembourg. M. l'abbé Engling, aumônier de l'hôpital de Luxembourg; pour l'Allemagne, M. le chanoine Heuser, de Cologne, et M. Reiss, doyen de Merzig-sur-Sarre; pour la Suisse , le R. P. Meier, bibliothécaire de l'abbaye d'Einsiedeln ; pour l'Autriche-Hongrie, le R. P. Remigius Sztachovics, archiviste de l'archi-abbaye de Martinsberg, et le docteur Martin Riha, de Budweis (Bohème); pour l'Itahe, M*'' l'évèque de Pavie, le célèbre historien Cesare Cantù, MM. Salvatore Bongi, de Lucques, Fulin, de Venise, et le directeur de la colonie de San-Martino délie Scale (Sicile); pour l'Espagne, don Arteago, archidiacre d'Orense. J'en aurais bien

d'autres à désigner; mais on trouvera leurs noms dans le cours du livre. J'ai hâte d'associer à ces autorités si considérables les hommes de savoir et d'expérience qui ont facilité mes propres recherches dans les dépôts publics confiés à leur garde : M. Léopold Delisle, administrateur général de la bibliothèque nationale, dont j'ai eu déjà tant de fois à louer la bienveillance inépuisable; M. de Grandmaison. archiviste d'Indre-et-Loire; M.Dorange, bibliothécaire de la ville de Tours; M. Ruelcns, conservateur à la bibliothèque royale de Bruxelles. On me permettra de remercier encore les guides empressés que j'ai rencontrés parmi les notables habitants de Tours: en première ligne M. Ratel, ingénieur, grâce auquel j'ai pu apprécier toute l'importance des fouilles de Saint-Martin; et mes éditeurs eux-mêmes, qui, non contents de venir en aide à mon ignorance des lieux, ont voulu donner à ce livre une magnifique parure, alin d'en faire, au moins par la forme, un monument digne de son objet. Le savant plein de goût et l'ami plein de cœur qui a dirigé cette illustration aussi élégante que scientifique serait aussi nommé à cette place, si je ne me faisais un scrupule de respecter le voile derrière lequel il s'est dérobé tout 1(3 premier à la reconnaissance du public.

Avec cette pléiade de collaborateurs, j'ai pu affronter |)lus hardiment une tâche dont je sentais à l'avance tout le poids. Arrivé au Icniie après de longs et pénibles efforls, je dépose iiuniblciiiriil le finit de mes veilles aux pieds de l'apôtre national. Sa gloire, assurément, n'en sera pas plus grande; mais peut-être aurai-je contribué à raviver dans le cœur des Français le souvenir

Page 1