DÉFENSES
Honoraires des prêtres $1 ,400 . 00
Honoraires des religieuses 1,600 . 00
Honoraires maîtresse laïque 250 . 00
Cathedraticum 350 . 68
Dépenses du sanctuaire 307 . 98
Organiste et chœur 600 . 00
Sacristain 624 . 00
Combustible 708 . 50
Eau 60 . 98
Gaz et électricité 275 . 46
Réparations, menuiserie 73 . 88
Réparations, maçons et peintres 154 . 72
Plomberie 100.28
Autres travaux et réparations 180.31
Taxes 144.00
Assurances 46 . 20
Ameublement • église et presbytère 317 . 29
Ameublement • école et couvent 216.03
Intérêts sur la dette 1,958 . 48
Caisse ecclésiastique 20 . 00
Collectes de Pâques et Pentecôte 175 . 00
Missions, nègres, université et collège 67.81
Saint-Père et Lieux Saints 69 . 66
Dettepayée 10,000.00
Total $19,701 .26
Le bilan ajoute ensuite la valeur des propriétés de la paroisse, comme suit :
Eglise et école $52,996.00
Terrains 18,900.00
Couvent 5,500.00
Presbytère 6,500.00
Ameublement de l'église, de l'école, du couvent et du
presbytère 18,595.00
Total $102,491.00
Les propriétés paroissiales sont assurées en diverses compagnies d'assurances, pour un montant global de $61,500.00.
En examinant ces divers états financiers, on constate facilement que la rente des bancs de l'église, comprenant le prix des bancs loués et le prix des places à 10 cents constitue, avec les collectes, la principale source de revenus de la paroisse. Une troisième source de revenus encore assez importante et dont le rendement dépend du zèle et de l'active industrie du clergé paroissial, est celle des organisations : fêtes, concours, parties de cartes, pique-niques, séances, qui rapporte encore quelques mille dollars chaque année. Mais on voit aussi quelles dépenses considérables doit supporter une jeune paroisse pour entretenir son église, son
école, soutenir son clergé et payer sa dette, intérêts et partie du capital.
Chaque année, surtout dans les jeunes paroisses où les dépenses, à cause des constructions et des nouvelles installations, sont plus grandes, et les ressources ordinaires moins grandes en raison du nombre restreint de la population, il faut que les prêtres de la paroisse aidés et secondés par de dévoués zélateurs, fassent des organisations, trouvent de nouvelles sources de revenus pour suppléer aux recettes ordinaires.
C'est ainsi qu'en arrivant dans sa paroisse en 1906, M. le curé Laliberté organisa un concours des enfants qui lui rapporta 1004 dollars. C'était un premier et très gros succès. La même année, les parties de cartes organisées dans les familles ajoutaient encore 50 dollars aux recettes de la paroisse.
Le concours des enfants de cette première année se clôtura par une grande séance musicale au gjnnnase, où l'on exécuta un très beau programme, où figurent, avec l'orchestre Ste-Anne de Woonsocket, les noms d'artistes et d'amateurs que l'on retrouvera dans la suite, avec le même plaisir, aux séances et aux fêtes de la paroisse Saint-Mathieu.
Ainsi en 1907, plusieurs parties de whist, un concours des enfants, un billet de combinaison, un pique-nique rapportent plus de 5,000 dollars. Pour cette première année et pour les suivantes, il faut signaler le concours particulièrement zélé de mademoiselle Délia Dubuque qui, non contente d'organiser le chœur de chant avec l'aide de mademoiselle Antoinette Chatillon et de M. Amos Lachapelle (qui donna gratuitement son concours comme organiste pendant un an et demi) , organisa chaque année en mai, trois ans de suite, des parties de whist qui rapportèrent 125, 300, et 250 dollars.
L'année 1908 eut des parties de whist dans la salle supérieure de l'école. Celle organisée par les deux syndics, MM. J.-B. Laliberté et Jos. Saint- Onge rapporte 230 dollars, celle organisée par les dames donne 106 et celle des demoiselles 150 dollars. Un joli pique-nique organisé par les jeunes gens sous la direction de M. le curé, rapporte le joli montant de 513 dollars.
Des organisations semblables rapportent à l'église, en 1909, 2140 dollars. Elles ne rapportèrent que 766 en 1910, mais en 1911 elles donnent 1915 dollars.
L'année 1912 débuta par l'organisation d'un festival qui fit époque, puisqu'il fut honoré par la présence de Son Honneur le gouverneur Pothier et de madame Pothier, qui en firent l'ouverture et la visite. Le bazar et les soirées dramatiques et musicales de ce festival, rapportèrent le beau montant de 800 dollars. Quelques parties de whist rapportèrent 453 dollars pour la même année.
En 1913, un grand festival organisé pour les jours gras et où le concours de tous fut particulièrement dévoué et bien entraîné, rapporta 1573 dollars; trois séances dramatiques et plusieurs parties de whist fournirent encore près de 1000 dollars, ce qui porta, le profit total des organisations à S2,564.36 pour cette année.
Certains lecteurs trouveront peut-être un pevi aride cette nomenclature de recettes, mais le souvenir ici consigné en sera agréable à ceux à la générosité et au dévoûment desquels il est dû. Tout cela contribue d'ailleurs à donner une idée réelle du travail et de la vie d'une paroisse qui veut réussir et qui arrive à de beaux succès.
L'année 1914 ressemble heureusement à 1913.
Le grand festival du mois de février donne 1,708.94 dollars. Les autres organisations portent à 2,164 dollars les recettes de l'item " organisations ".
1915 ne rapportera pas moins. Le festival des jours gras, organisé par les Dames de Sainte- Anne, rapportera 800 dollars et les autres organisations, séances, parties de whist plus nombreuses et fructueuses porteront le total des recettes encaissées de ce chef à $2,817.21.
Enfin 1916, l'année dernière, a eu son festival qui a rapporté 1275 dollars. Les autres organisations ont ajouté 486 dollars, pour former le total de 1761 dollars.
L'année 1917 n'est pas finie, mais nous savons que son seul festival de février a donné 2,002.27 dollars.
Grâce à cette activité de son clergé et de ses paroissiens généreux, la paroisse de Saint-Mathieu a acquis en dix ans des propriétés valant plus de 100,000 dollars, exactement 102,491 à la fin de l'année 1916, et sa dette diminuée chaque année ne dépassera pas 22,000 dollars à la fin de la présente année. Ce qui donne une moyenne de 8,000 dollars payées chaque année sur la dette de la paroisse.
Ces chiffres ne signifieraient qu'un succès financier, si l'on ne savait que la prospérité temporelle de cette paroisse est encore surpassée par sa prospérité spirituelle. Le même zèle et la même bonne volonté qui procurent l'une, assurent aussi l'autre. Les deux sont également le fruit du bon ordre et de la vigilance, de la générosité et de la bonne entente, dont n'ont cessé de donner l'exemple le clergé et les fidèles de cette jeune et très florissante paroisse.