INTRODUCTION. VII
c< Mathilde (c'est-à-dire puissante guerrière)^ fille du comte Dietrich, descendant de Widukind, se maria en 909 avec le duc Henri de Saxe, qui devint dans la suite roi de Germanie; elle lui donna trois fils, l'empereur Otton le Grand, Henri de Bavière, et Brunon, archevêque de Cologne. Elle se signala surtout comme bienfaitrice des pauvres et comme fondatrice de nombreux couvents ; elle mourut, le i4 mars 968, dans celui qu'elle avait fondé à Quedlinbourg. Sa petitefille, Mathilde (née en 955, morte en 999), fille d'Otton 1®% régente de l'empire sous Otton ni (977-979), fut la première abbesse de ce couvent. La reine Mathilde fut plus tard canonisée*; sa fête est le i4 mars. Un moine du couvent de Nordhausen écrivit sa biographie (c'est la Vie la plus ancienne, éditée par Pertz). »
Un éloge relativement ancien de sainte Mathilde se trouve dans un livre du xvi* siècle,
I. On pourra voir plus loin au chapitre vu que cette assertion est erronée, et que Mathilde fut d'abord déclarée sainte par la voix du peuple et des évêques. — Quant à l'auteur de la Vie ancienne, dont il est ici question, rien de positif ne peut être établi à son sujet, malgré la savante dissertation de Fœrstemann, que nous résumons dans l'Appendice.
vin INTRODUCTION.
les Vies des Saints^ de Laurent Surius, moine chartreux de Cologne, mort le 23 mai 1578, à qui ses contemporains ont consacré une épitaphe des plus louangeuses :
c< On peut voir quelques-uns des traits du visage de Surius, dans cette image que la sculpture a reproduite sur un petit tableau; mais celui qui lit les ouvrages de Surius, œuvre d'un art considérable , y voit son génie autant que sa piété*. »
Voici ce qu'il cite, comme venant d'un livre d'Annales^ rédigé au x" siècle* par un moine du couvent de Corvey, nommé Chindus (Rind).
« Piété de Mathilde dans le culte divin. — Mathilde, femme du roi de Germanie Henri et mère de l'empereur Otton le Grand, fut une femme d'une sainteté admirable. Si nous voulions dire quoi que ce soit à sa louange.
I. « Est aliquid Suri spectare in imagine vultus Quam spatio exiguo sculpta tabella refert; At Suri libros, magna quos texuit arte, Qui legit, ingenium cum pietate yidet. »
a. Surius s'est évidemment trompe ; la date de 980 qu'il donne en tête de cet éloge (au 14 mars) ne peut se défendre d'aucune façon; nous savons pertinemment que la sainte mourut en 968