‹ Saint Nicholas IerChapitre 11 sur 104 · INTRODUCTION. XV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XV

devant les interdictions du concile. Euloge mourut lui-même martyr (SSg), et Tapaisement se fit peu à peu, de part et d'autre '. »

Il ne faut pas se faire illusion sur le mot conversion qui revient si souvent dans les pages précédentes; loin d'y voir une transformation complète des habitudes et des mœurs, il Auit presque toujours entendre par ce mot un simple changement de foi, ou de croyance. La barbarie se maintint longtemps parmi ces néophytes chrétiens; la division et la débauche régnèrent sans cesse dans la famille mérovingienne, et plus d'une fois les censures des évêques furent punies de l'exil, et les biens de l'Eglise pillés par ceux mêmes dont elle soutenait l'existence. Néanmoins, et malgré les spectacles cruels ou répugnants que nous devons h la plume de certains annalistes ou chroniqueurs, l'amélioration morale chez ces barbares se fait peu h peu sentir, et elle devient une réalité qui n'est pas l'une des moindres gloires de l'Eglise. Celle-ci s'entend admirablement au rôle d'éducatrice, et elle est présente partout pour instruire et rendre meilleur, relever et soutenir, punir le mal et encourager le bien ; et elle réussit si bien dans cette mission, qu'elle devient une source inépuisable de consolations. Sa tâche est dure puisqu'il s'agit de moraliser une société composée de barbares ignorants et de Romains corrompus, auxquels on ne peut avoir la prétention d'enlever d'un seul coup leurs habitudes sauvages ou païennes, leurs instincts grossiers et leurs usages superstitieux, le goût du vol et du pillage, la cruauté, l'amour de la vengeance, la sensua-

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