XVI II INTRODUCTION
mière du monde : Grégoire le Grand, Chrodegand, Charlemagne.
Le premier convertit son palais en un séminaire où il rassembla des hommes jeunes qui aspiraient aux fondions sacerdotales, et de vieux prêtres désireux de se former des continuateurs et d'achever leur carrière dans les travaux de l'esprit et les pratiques religieuses. Augustin et Mellitus, apôtres de la Grande-Bretagne, élevés dans ce séminaire, fondèrent des établissements analogues dans cette île ; plusieurs furent également créés en Espagne, en Gaule, en Allemagne.
Chrodegand, évèque de Metz, pour imprimer une direction plus forte aux études ecclésiastiques et à la pratique des vertus sacerdotales dans son diocèse, eut l'idée de réunir, à l'exemple de saint Augustin, ses prêtres autour de l'église épiscopale, et de les soumettre aux règles d'une vie commune. Ces ecclésiastiques, nommés dès lors chanoines, étaient sous la surveillance immédiate de l'évêque, disaient l'office canonial, s'occupaient d'études scientifiques, mangeaient et couchaient dans des salles communes.
Charlemagne, qui voulait moraliser ses peuples et les instruire par l'Eglise, seul instrument de civilisation qu'il eût sous la main, comprenait que l'influence ne s'exerce que par le mérite et la vertu. Aussi travaillait-il énergiquement à moraliser et h instruire le clergé de son vaste empire. Il intervint dans ses affaires avec une vigueur que la puissance laïque n'avait jamais eue; ainsi il convoqua plus de quarante conciles ou assemblées analogues pour fixer le dogme ou rétablir la discipline, délibérer sur les devoirs et les besoins des clercs et traiter les questions alors si dis-
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cutées du culte des images et des adoptieiis (hérétiques qui croyaient que Jésus-Christ comme homme est seulement le fils adoptif de Dieu). Sur i loo articles environ que contiennent ses capitulaires, il y en a près de {)oo qui touchent aux. matières religieuses. Dans le beau capitulaire de Worms sur la réforme du clergé, il se montre très soucieux de contraindre les ecclésiastiques à mener une vie en rapport avec leurs fonctions, et il déracine un usage qui entretenait bien des vices, celui où étaient les évêques et les abbés de conduire eux-mêmes, et chaque année, à la guerre leurs bandes épiscopales ou monastiques composées de leurs vassaux et des tenanciers de leurs domaines : « Instruit par les saints canons et nous corrigeant nousmêmes, nous voulons qu'aucun prêtre ne marche à Fennemi, si ce n'est deux ou trois évêques élus par les autres..., mais qu'ils ne soient pas armés, qu'ils ne répandent pas le sang et le désordre..., qu'il y ait enfin une différence entre un prêtre et un laïque. Les nations et les rois qui ont laissé les prêtres combattre dans leurs rangs n'ont pas été victorieux, parce qu'il n'est pas permis aux prêtres de se battre. » Il dirigea avec vigueur son clergé, en le forçant avant tout d'être instruit et d'observer les prescriptions des saints canons et de ses capitulaires. Le concile d'Aix-la-Chapelle, en 802, outre la connaissance du Symbole, du Pater, des prières de la messe, demande du prêtre qu'il sache par cœur le livre pénitential, qu'il comprenne les homélies des Pères, qu'il puisse administrer le baptême et chanter l'office d'après le rite romain. L'empereur considère la prédication comme une partie indispensable de la fonction sacerdotale, et Paul Diacre forma,