‹ Saint Nicholas IerChapitre 20 sur 104 · I. Kiauss, I · texte numérisé non relu

I. Kiauss, I

INTRODUCTION. XXVll

Mamert, évêque de Vienne, de trois jours de prières appelés encore « les Rogations ». L'Epiphanie ou la Théoplianie de TOrient se répandit généralement en Occident au i\^ siècle, en même temps que la fête de Noël, née en Occident, se répandait en Orient. Le dimanche des Rameaux, le Jeudi-Saint et le Vendredi- Saint sont déjà des solennités particulières. Du v*^ au vii*^ siècle, quatre fêtes de ]Marie sont instituées : r Annonciation, la Purification, l'Assomption et la Nativité de la Vierge, et comme nouvelles fêtes du Sauveur : la Circoncision du Christ, la Présentation de Jésus-Christ au temple, la Transfiguration du Christ, l'Exaltation de la sainte Croix. On célèbre comme fêtes del'Eglise universelle celles de certains martyrs, tels que saint Etienne, saint Pierre, saint Paul, saint Jean-Baptiste, et aussi celle de saint Michel qui dut son origine à l'apparition de cet archange dans une église de Rome ; elle répondait au caractère belliqueux des Germains qu'elle mettait sous la protection des légions célestes, et elle fut très populaire parmi eux. En France, on honorait particulièrement à cette époque saint Rémi de Reims, saint Martin de Tours, saint Denis; en Espagne, saint Jacques le Majeur, dont on pensait avoir retrouvé le corps à Compostelle. La ferveur pour le culte des saints devint telle au viu^ siècle, que des capitulaires royaux de 794 et 8o5 prescrivent de n'en pas admettre de nouveaux sans que leur sainteté soit bien constatée ; un autre de 789 fait de la célébration des fêtes de l'Eglise une obligation rigoureuse et prohibe en ces jours-là toute assise judiciaire. C'est peu après, dans le cours du IX® siècle, que s'introduisit parmi les peuples ger-

XXVI II INTRODUGTION,:

maiiis la fête de la Toussaint, instituée par Boniface IV, à laquelle Tabbé Odon de Cluny ajouta en 998 celle de la Commémoration des morts, qui fut bientôt généralement admise comme expression du dogme catholique du purgatoire et de l'union intime des fidèles vivants et trépassés. « L'institution de nouvelles fêtes de saints, jusqu'alors dépendante des évêques, d'après les capitulaires de Charlemagne, fut désormais uniquement réservée au pape. Le premier exemple d'une canonisation régulièrement ordonnée par le souverain pontife fut celle de saint Ulrich d'Augsbourg, décrétée par Jean XV (993)*. »

Les Germains et la plupart des peuples barbares qui avaient reçu la foi chrétienne dans la période où nous venons d'en montrer la propagation, la conservèrent avec respect et fidélité pendant tout le moyen âi?e, et sous le nom de chrétienté ils formèrent une courageuse et vaillante milice toujours prête à répondre, sous le commandement de ses chefs temporels, h la voix du pape quand il les appelait à la défense d'une grande cause.

Ce pape, qu'était-il au ix'^ siècle?

Tout à la fois le chef spirituel de la chrétienté et le chef temporel de l'Etat romain.

Chef spirituel, il est entouré du respect universel des peuples, aussi facilement obéi des prêtres et des évêques que des simples fidèles, mais plus difficilement écouté de quelques métropolitains de l'Orient et de l'Occident.

Chef temporel de l'Etat romain, il a encore beaucoup

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