VIII INTRODUCTION
de sa foi et de sa loi, supérieur légitime et patriarche de tous les patriarches. Le concile de Sardique reconnaissait déjà (347) que sans lui nul évêque ne pouvait être déposé.
De la fin du iv^ siècle au commencement du vi^, l'invasion des peuples barbares posait les fondements des nations modernes en installant dans TEmpire, sinon tous les peuples qui ont formé notre Europe actuelle, du moins ceux qui lui ont imprimé son caractère intellectuel, moral et littéraire ; ainsi les Goths peuplaient le midi de la Gaule et couvraient une partie du sol ibérique; les Francs se mêlaient aux Gallo- Romains; les Saxons pénétraient dans la Grande-Bretagne ; les autres Germains et les Scandinaves, qui n'émigraient point, restaient attachés aux postes qu'ils occupent encore aujourd'hui; et les populations slaves, magyares ou hongroises, qui devaient être plus tard les pupilles et les élèves de l'Europe occidentale, cherchaient leur place entre l'Oder, le Danube et le Volga. Cette fourmilière de familles diverses était un champ nouveau qui s'ouvrait à l'activité du cliristianisme, et bientôt des missions se formaient pour faire entrer ces peuplades dans la communauté chrétienne. Les Goths furent des premiers parmi les Germains à entendre parler de l'Evangile, parce que, précédant la migration de toutes les autres familles congénères, ils étaient établis dès le iii*^ siècle sur la rive gauche du bas Danube; un de leurs évêques, Théophile, siégeait au concile de Nicée ; mais l'arianisme, qui se répandit parmi eux et de proche en proche parmi les autres peuples germaniques, amena des troubles religieux qui furent très funestes à la plupart de ces jeunes