CHAPITRE IV
NICOLAS l'^'^ ET LE POUVOIR EXECUTIF DE LA PAPAUTE
Nicolas P"" a-t-il exercé un pouvoir exécutif dans rÉg^lise universelle ? S'il Ta exercé, quel usage en a-t-il fait ? Telles sont les deux questions qui nous restent à résoudre pour achever Fétude de ses principes.
De ces deux questions la première peut paraître étrange, surtout si Ton a retenu les principes exposés dans les deux derniers chapitres. Je reconnais même que je ne me la serais point posée, si je n'avais rencontré sur mon chemin un contradicteur dont le nom est souvent cité comme une autorité imposante. On lit dans un ouvrage du docteur Dollinger : « Les Papes ne possédaient (avant la fin du moyen âge) aucune des trois puissances qui constituent les véritables attributs delà souveraineté. Ils n'avaient ni le pouvoir législatif, ni le pouvoir exécutif, ni le pouvoir judiciaire suprême *. »
I Le Pape et le Coucile, p. 90.
Or nous savons déjà à quoi nous en tenir sur le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire ; nous en finirons plus facilement avec le pouvoir exécutif. Les principales prérogatives du pouvoir exécutif dans TÉglise sont : le droit de faire respecter les principes religieux, de faire observer les canons et les décisions des conciles généraux, de récompenser et de punir. Or n'est-ce pas surveiller l'observation des principes religieux que de poursuivre Tadultère, de le frapper et de le faire condamner par des conciles? N'est-ce pas faire respecter les décisions des conciles et des Pères que d'empêcher Photius d'usurper le siège de Constantinople; Adon, celui de Clermont*? N'est-ce pas récompenser que de confirmer tous les privilèges des abbayes de Saint-Calais, de Saint-Denis, de Corbie et même de tous les monastères de P'rance^? Ne sait-on pasque les faveurs conférées par ces immunités étaient aussi recherchées dans l'Eglise universelle que les privilèges religieux les plus enviés de nos jours ? Enfin n'est-ce pas punir que d'excommunier Waldrade et ses complices^, que d'infliger à des coupables de tout rang et de tout pays des pénitences publiques que nous citerons bientôt ?
Je pourrais multiplier les exemples ; je les crois suffisants pour montrer que les Papes ont joui, longtemps