‹ Saint Nicolas IerChapitre 17 sur 108 · INTRODUCTION. XXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXI

moines aux travaux scientifiques, à la transcription des livres, exehiple qu'imitèrent les disciples de saint Benoît. Dès la fin du vi® siècle, les moines ne mirent plus seulement en culture les terres sauvages, ils conservèrent aussi les trésors littéraires de l'antiquité; ils partagèrent leur temps entre la prière et le travail des mains, la lecture et Tinstruction de la jeunesse; et, sous le double rapport de la civilisation matérielle et de la culture intellectuelle, ils furent les plus actifs éducateurs de l'humanité en portant à travers l'Europe, par leurs innombrables colonies, la lumière de l'Evangile et les glorieux monuments du savoir antique. Il est vrai qu'au viu® siècle une profonde décadence se fit sentir dans l'ordre monastique par la richesse excessive de certains couvents, et par l'usage qu'introduisit Charles Martel de mettre à leur tête des abbés laïques de mœurs tout à fait mondaines ; mais, au commencement du IX® siècle, l'ardent et pieux Benoît d'Aniane, soutenu par Louis le Pieux, devint le réformateur des moines et fit de son couvent le modèle de tous les monastères francs. Il est regrettable que ses réformes n'aient pas été adoptées partout. Ce n'est qu'au siècle suivant que devait s'opérer complètement à Cluny, dans le diocèse de Mâcon, la rénovation du monachisme.

La pénitence devint un moyen positif et formel d'élever le peuple, et il se fit de graves modifications dans cette institution sous l'influence des usages germaniques. L'Eglise primitive ne souffrait dans son sein aucun membre impur, et punissait de l'exclusion les pécheurs coupables de l'un des trois crimes capitaux, l'adultère ou la fornication, l'idolâtrie et Thomi-

Page 1