XX INTRODUCTION
sur son ordre, une collection d'homélies et de sermons pour permettre aux ecclésiastiques les moins capables de remplir ce ministère. Il conserva les privilèges qu'avaient les évècliés et les monastères d'élire leurs évêques, leurs abbés, parce qu'il se rapprochait ainsi des règles canoniques ,• mais il lui arrivait souvent d'indiquer un choix aux suffrages du clergé ; alors il ne considérait ni l'intrigue ou la naissance, ni la fortune ou les recommandations; il ne cherchait k élever que l'instruction et la vertu, choisissant dans les clercs de l'école du palais ceux dont il avait remarqué les études et la conduite, préférant les fils d'affranchis et de serfs, quand ils étaient laborieux et instruits, aux fils de nobles qui étaient paresseux ou ignorants. Dans ses voyages presque continuels, il usait de son droit de gîte dans les évêchés et les monastères, non pour se faire nourrir lui et son cortège, mais pour connaître à fond le dignitaire qui l'hébergeait, et il avait soin de l'indemniser généreusement de ses frais. Il veilla à l'observation d'une prescription déjà ancienne dans l'Eglise, la visite annuelle de leurs diocèses par les évéques; il en favorisa l'exécution en adjoignant à l'évêque le comte pour l'appuyer, le protéger et au besoin contrôler ses actes.
Le monachisme fut aussi un puissant instrument d'éducation des peuples, surtout depuis l'épanouissement du grand ordre de Saint-Benoît de Nursie, qui avait réhabilité le travail manuel en faisant au religieux l'obligation d'y consacrer une partie de sa vie. Cassiodore, vers le même temps, quittant les charges qu'il remplissait dans l'empire des Ostrogoths, avait fondé dans la Basse-Italie un monastère où il^appliquait les