‹ Saint Nicolas IerChapitre 21 sur 108 · INTRODUCTION. XXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXV

. L^Ëglise dut mettre le culte en harmonie avec les besoins de peuples jeunes, incultes, sensuels. Les Germains aimant Téclat et le bruit, il fallut, pour les satisfaire, que le culte devint pompeux et brillant, que les cérémonies religieuses grandissent en importance, que leur éclat s^accrût et fût capable de subjuguer les sens. A toutes ces âmes fortement trempées, mais étrangères aux délicates méditations de la vie mystique et morale, il était nécessaire d'offrir des fêtes religieuses dont la majesté les émût en les instruisant, refrénât leur barbarie et leurs grossiers instincts et leur fît oublier les dissolutions et les superstitions païennes. On n'eut qu'à continuer à cet effet les progrès qui s'accomplissaient depuis Constantin, car, dès sa sortie des catacombes, la religion se déployait au dehors avec une magnificence auparavant inconnue; les arts étaient tout entiers au service de l'Eglise devenue vite assez opulente pour payer le lustre qu'elle leur empruntait, et ils brillaient d'un éclat nouveau dans les vêtements sacerdotaux, dans les vases liturgiques, dans la décoration intérieure des temples aux jours des grandes solennités, dans des hymnes pleines d'une haute inspiration et d'un sentiment chrétien vraiment incomparable. Le chant paraît avoir vivement saisi nos rudes aïeux et avoir exercé sur eux une puissance irrésistible.

a La mélodie primitive, très simple et qui n'était guère qu'un récitatif, avait été remplacée peu à peu par une modulation plus savante, quoique toujours bornée aux unissons et rarement soutenue par un instrument. C'est en Occident, particulièrement dans l'harmonieuse Italie, que la musique religieuse fut le

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