‹ Saint Nicolas IerChapitre 25 sur 108 · XXX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXX INTRODUCTION

rÉglise romaine, soit comme souverain pontife, dans les circonstances les plus délicates comme dans les plus dramatiques, aussi bien sous Phocas que sous Maurice, il apporta le soin le plus scrupuleux à ne rien dire et à ne rien faire qui pût laisser supposer de sa part la moindre intention de méconnaître dans l'empereur la plénitude du pouvoir temporel. Enfin, il eut le mérite de trouver la seule dénomination qui convînt à sa hauîe dignité, conformément à cette parole du Christ : « Que les plus grands d'entre vous soient les serviteurs de tous ». Jusqu'alors, il n'y avait pas encore de nom distinctif et caractéristique de la primauté de l'évêque de Rome, car les appellations /7fl/7a, apostolus^ apostoliciis ^ çicarius Christiy summus sacerdos^ summus pontifex^ étaient employées indistinctement pour tous les évoques. Ennodius, évêque de Pavie, et Cassiodore nommèrent l'évêque de Rome, de préférence à tout autre, papUj et peu k peu cet exemple fut universellement imité. Plus tard, par suite de la controverse née de l'usurpation du nom d^éi^êque unf\>ersel^ pris par le patriarche de Constantinople, Jean le Jeune, Grégoire le Grand prit, par opposition à cette dénomination superbe, l'humble titre de serviteur des serviteurs de Dieu, Serçus ser^orum Dei.

Les papes, ses successeurs, ont soigneusement conservé ce titre, de même qu'ils se sont attachés à maintenir la partie essentielle de son œuvre, c'est-k-dire k défendre le double principe de la prééminence du siège romain et de l'indépendance du souverain pontifical. Sous les vingt-six pontifes qui se succèdent, de Grégoire P' à Zacharie, la primauté romaine obtient en Occident une reconnaissance chaque jour plus unanime

ÎNTRODUCTION. XXXI

et plus étendue qui se manifeste par la conduite des missionnaires qui annoncent la foi aux Germains : ils viennent ou directement envoyés par le pape ou dûment autorisés par lui, et ils restent, dans toutes leurs œuvres, en rapport constant avec lui. Les vicaires apostoliques exercent dans la plupart des pays une juridiction suprême. La croyance, chez les Germains, que l'évêque de Rome est le chef de la chrétienté, est devenue un fait patent que proclament, au vii*^ et au vni® siècle, la voix des peuples et des rois, ainsi que les écrits des papes et des hommes les plus éclairés. Boniface V entretient une correspondance dans ce sens avec Edwin, roi de Northumbrie, et avec la reine Ethelberge. Honorius P"" continue les relations avec les Anglo-Saxons et leur donne un primat dans la personne d'Honorius de Cantorbéry, puis Vitalien en envoie un second dans la personne du moine grec Théodore. Saint Agathon accueille et réintègre Wilfrid, évêque northumbrien, persécuté; en 680, il préside un concile romain formé des évêques de TOccident et dont le symbole, nettement opposé aux monothélites, servit de règle au VP concile œcuménique qui fut tenu à Constantinople Tannée suivante et qui condamna ces hérétiques. Conon sacre Kilian, ce missionnaire irlandais qui, vers 685, paraît à Wurzbourg et baptise le duc thuringien Gosbert. Quatre ans après, Sergius P"" reçoit à Rome le roi de Sussex, Ceadwalla, et le baptise ; il y reçoit aussi le grand apôtre des Frisons, TAnglo- Saxon saint Willibrod, et le sacre en lui donnant le nom de Clément; Utrecht doit être le centre de sa mission. Quand Winfrid (saint Boniface) se sent appelé à la conversion des païens, il se rend, à l'exemple des

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