INTRODUCTION. XXXI II
longtemps chez les Francs par Pépin, résolut la question en faveur de ce dernier et il consacra le changement de dynastie par une sanction divine en faisant couronner et sacrer Pépin à Soissons par saint Boniface. En 754» un autre pape, Etienne II, venu chez les Francs pour implorer leur secours contre les Lombards, renouvelait Fonction royale que Pépin avait déjà reçue de saint Boniface, et, cette fois, il sacrait avec le roi la reine Berlrade et leurs deux fils, Charles et Carloman. En même temps, il conférait au prince franc le titre de patrice des Romains, lui confiant ainsi la tutelle de TEglise, et il lançait Tanathème contre quiconque oserait jamais chercher à déposséder de la couronne la descendance de Pépin. Aucun écrivain de ce temps ne trouve à redire contre l'acte du pape. Personne ne protesta.
Les choses n'étaientpas allées aussi bien avec TOrien t . Depuis que le roi des Hérules, Odoacre, avait supprime la dignité impériale en Occident (476)» les Romains, comme tous les sujets de TEmpire, avaient considéré l'empereur d'Orient comme leur souverain légitime et n'admettaient point qu'ils fussent soumis aux chefs barbares par le moindre lien d'obédience. Il en était de même chez nous, où notre Clovis, et ses fils pendant quelque temps, se considérèrent comme des délégués de l'empire d'Orient. L'empereur conserva donc une souveraineté nominale et il exerçait un droit de confirmation sur l'élection papale, soit directement, soit par l'intermédiaire de son représentant en Italie, l'exarque de Ra venue. Cette confirmation ne fut plus guère qu'une formalité à partir de Justinien, ce qui n'empêcha pas les papes de garder une attitude respectueuse vis-h-vis