XXXIV INTRODUCTION
de la puissance impériale; ainsi Boniface IV ne consacra le Panthéon au culte chrétien, sous Tinvocation de la Vierge Marie, qu'avec le consentement de Tempereur Phocas, et Honorius I" témoigna une bienveillance excessive, coupable peut-être, au patriarche Sergius, qui versait dansThérésie monothélite ; au cours même des débats provoqués par cette hérésie, Vitalien, Léon II et Benoît II cherchèrent à vivre en bonne intelligence avec Constantin -Pogonat (668-685). Mais les Orientaux étaient loin de répondre à ces attentions ; ils provoquaient de fréquents mécontentements par leurs exigences fiscales; ils multipliaient hérésies sur hérésies, avec la prétention de les faire accepter par les Occidentaux; ils abandonnaient les Romains quand ceux-ci étaient menacés par quelque invasion, ou s'ils se sou venaient d'eux, c'était pour faire sentir a leurs pontifes l'abus de la force contre le sacerdoce désarmé. Le pontificat de Martin P*" restera un mémorable exemple de leur tyrannie. Ce pape ayant condamné au concile de Latran (649) la doctrine des monothélites, fut aussitôt saisi, maltraité, conduit en exil, et il mourut des souSrances que lui avaient fait subir ses persécuteurs orientaux. Les dispositions de l'iconoclaste et despotique Léon l'Isaurien devinrent encore plus défavorables à Rome après la ferme résistance opposée par les papes Grégoire II et Grégoire III (715-74^) ^^^ décrets portés contre les images, et l'empereur employa ce qui lui restait de puissance pour troubler et tenter encore d'asservir l'Eglise romaine. C'en était trop ! Les papes, avec le concours des Francs, surent s'afiranchir du joug odieux de l'empire grec et de la puissance non moins odieuse des Lombards, et la fondation de la