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LES PREMIERS ACTES DE NICOLAS I®"^. SES RELATIONS

AVEC l'orient. PHOTIUS

Les fêtes de son sacre terminées, Nicolas V inaugura presque aussitôt ces grands débats qui ont rendu célèbres son nom et son pontificat. Après avoir réuni à Tarchevêclié de Hambourg Tévêché de Brème, qui avait appartenu jusqu'alors à la province de Cologne, il entreprit avec Constantinople une lutte fameuse, qui ne devait se terminer qu'après lui. Un an avant son élévation au Saint-Siège, l'oncle de l'empereur Michel HI, Bardas, qui prit le titre de César, avait fait déposer le patriarche Ignace et l'avait illégalement remplacé par Photius, simple laïque, homme d'Etat, militaire, premier secrétaire intime de l'Empereur, d'une science et d'une habileté consommée, et d'une ambition sans rivale. Une partie des évêques orientaux avait soutenu cette iniquité; l'autre ne la reconnaissant point, la cour de Byzance pensa que le moyen d'en finir avec cette scission était d'obtenir la reconnaissance de Photius

par le Saînt-Siège, et dans cette intention elle envoya au pape en 85g une grande ambassade avec de riches présents et des lettres. Nicolas crut qu'on lui demandait de faire cesser par ses légats les scandales de Constantinople, de déraciner le schisme, de ruiner complètement rhérésie des Iconoclastes. Dans un synode tenu à Rome en 860, il créa les deux évêques, Radoald de Porto et Zacharie d'Anagni, ses légats a latere^^ leur remit des lettres pour Photius' et l'Empereur, et les envoya à Constantinople avec Tordre formel d'examiner l'affaire et de lui en rapporter les détails. Les deux légats furent reçus avec honneur par le régent Bardas. Photius les tint éloignés de toute influence du parti contraire, et parfois même on les menaça de l'exil. Ils se laissèrent corrompre, et, dans un synode tenu en mai 861, ils souffrirent qu'on falsifiât la lettre du Pape à l'Empereur, et consentirent à la déposition d'Ignace. Au printemps de 862, ils étaient de retour à Rome ; à les en croire, tout s'était passé pour le mieux.

Mais, deux jours plus tard, arriva le secrétaire impérial Léon, qui apportait des lettres de l'Empereur et du patriarche, avec les actes du synode de Constantinople. L'Empereur demandait à Nicolas de ratifier les décisions de ses légals. Le Pape vit que ses légats avaient outrepassé leurs pouvoirs, car il s'était réservé la décision définitive sur la déposition du patriarche.

I. Cette expression paraît pour la première fois. a. Jaffé, 1. c. n° aoaa.

Aussi convoqua-l-il* promplemenl un concile, et écrivit-il trois lettres, les i8 et 19 mars 862; une aux patriarches d'Orient, la seconde à Pliotius, la troisième à TEmpereur, protestant contre la déposition d'Ignaco, Tinslitution de Photius, la mutilation de ses lettres et les indignes traitements infligés à ses légats.

Un an plus tard, il tint, en avril 863, un concile, d'abord à Saint-Pierre, puis à Saint- Jean de Latran, déposa Tévêque Zacharie, qui était présent, suspendit le jugement de Radoald qui était alors en Lorraine, rétablit Ignace, déposa Photius en accompagnant ces décisions des plus solennels anathèmes*. A ce concile, Michel répondit par une lettre qui respirait le mépris pour l'autorité pontificale, et contenait aussi de graves reproches contre la personne du Pape et son gouvernement, des railleries sur le latin, qu'il traite de langue barbare et scythique, et enfin des menaces de prendre Rome, et de raser jusqu'au sol cette ville déchue, visiblement condamnée à périr. Nicolas songeait précisément à envoyer h Constantinople une lettre conciliante ; il en écrivit une' qui est restée une source précieuse pour le droit canon, que les historiens de tous les pays ont vantée pour sa dignité et sa prudence, et que quelques-uns regardent encore au-

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