‹ Saint Nicolas IerChapitre 4 sur 108 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

me contrôler et de me discuter, et de fournir le moyen de s'instruire à ceux qui voudraient aller plus loin. Je n'ai même pas craint de joindre à mon récit deux appendices destinés à consacrer le but que j'ai poursuivi et qui est le suivant : Nicolas V^ est un des cinq ou six papes du moyen âge qui, ayant le profond sentiment de recueillir dans l'héritage de Pierre le devoir de guider l'Église universelle, ont exercé avec le plus de vigueur leurs droits de primauté et ont fait entendre la voix la plus retentissante chaque fois que leur sollicitude pastorale était mise en éveil ; mais ce pape qui est pour quelques-uns un objet d'admiration est pour beaucoup, même dans le monde catholique, un objet de scandale. Il demeure accablé du reproche affligeant d'avoir fondé son gouvernement sur une œuvre de men* songe, sur des documents fabriqués, appelés Fausses- Décrétales, c'est-k-dire sur des décisions papales qui ne viennent pas des papes auxquels l'auteur de ce recueil les attribue, ou qui ne sont pas reproduites dans leur forme authentique, ou qui sont entièrement fabriquées. C'est de ce reproche que j'ai entendu justifier Nicolas P% en montrant qu'il a fait constamment dériver sa doctrine d'une origine antique et certaine, même dans les cas où il est d'accord avec le recueil des Fausses-Décrétalcs. Si j'ai réussi à établir ce point, on verra qu'on a attribué à cette collection une autorité qu'elle n'a jamais eue, particulièrement en ce qui concerne la liberté et l'indépendance de l'Église ainsi que l'influence prépondérante de son chef. Les Fausses- Décrétales n'ont rien changé en ces matières à ce qui était l'essence même de la discipline ecclésiastique : elles n'étaient que l'expression d'opinions qui se

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