INTRODUCTION. VII
manifestent dans une tradition ininterrompue et qui, sans elles comme avec elles, devaient faire leur chemin.
On ue peut comprendre l'utilité et la grandeur de Tœuvre de Nicolas P"" qu'a la condition de connaître la situation de TEglise chrétienne à- cette époque. Ce tableau sera le sujet de cette introduction. Je n'en rechercherai guère les éléments au delà du pontificat de saint Grégoire le Grand (590-604)» parce que la vie de ce pape doit paraître prochainement dans la présente collection et que l'auteur ne manquera pas de nous dire où en étaient les choses à l'avènement de ce pontife.
Né dans l'empire romain, le christianisme s'était étendu par une lente pénétration jusqu'à ses limites les plus reculées de l'Occident et de l'Orient; au IV® siècle, il était florissant en Perse, en Arménie, en Abyssinie, d'où il allait bientôt rayonner chez les Nubiens; à la même époque, de nombreuses églises jetaient le plus vif éclat en Italie, en Espagne, dans les Gaules, qui allaient alors jusqu'au Rhin, et même dans la Grande-Bretagne, où des lieux inaccessibles aux Romains étaient soumis au Christ. Les évêchés se multipliaient, et dès cette époque avait prévalu le principe d'ériger un siège dans chaque cité romaine, de grouper les sièges de chaque province civile sous la juridiction de l'évêque qui résidait dans la ville capitale de la province et qui portait le titre de métropolitain, de considérer la primauté de l'évêque de Rome comme condition de l'unité et de la force de l'Eglise, et de proclamer sa suprématie comme représentant visible de l'unité de cette Eglise, gardien et défenseur