‹ Saint Nicolas IerChapitre 48 sur 108 · Ihid.^ n · texte numérisé non relu

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ans et sept mois, toutes les circonstances propres h illustrer un Pape et h lui donner une place éminente dans riîistoire ecclésiastique. Nous sentons que nous avons sous les yeux le spectacle d'une force énergique, longtemps comprimée, qui cherche à se manifester, et nous entrevoyons qu'elle doit laisser une vive em-» preinte de son passage.

naître il faut la chercher dans les œuvres des grands pontifes. Ouvrons donc les lettres de Nicolas I" et essayons d'en dégager l'idée qu'il se fit de son pouvoir.

Cette idée est la plus complète que le moyen âge ait conçue. Nicolas P"" vit et montra dans la papauté comme dans l'Église romaine la triple primauté du sacerdoce, de l'aulorité doctrinale et de la royauté. Soit qu'il prenne avec ardeur la défense de l'innocence persécutée dans Theutberge ou qu'il réponde avec une calme précision aux questions des Bulgares ; soit qu'il creuse les subtils arguments de l'embarrassant Hincmar, ou qu'il rappelle aux rois leurs devoirs, aux évêques leur mission, il parle toujours avec cette conviction qu'il est le premier délégué de Dieu sur la terre et qu'il a en ce monde la suprématie du sacerdoce, de l'enseignement et du gouvernement.

Rien de plus facile à mettre en lumière que cette idée qu'il a de sa triple primauté ; il est rare qu'elle ne soit pas exprimée, sinon dans sa totalité, au moins en partie, dans les préambules ou dans la teneur de ses lettres; il aime, en écrivant, à rappeler clairement ce qu'il est, ce que les autres sont vis-k-vis de lui, la considération, l'obéissance qui lui sont dues, comme aussi a féliciter ceux qui lui sont régulièrement soumis et à blâmer ceux qui semblent douter de sa souveraine puissance. Mais écoutons-le affirmer lui-même ses prérogatives.

Et d'abord la primauté du sacerdoce. Il eut, à pro-

pos de ses débats avec la cour de Constantinople, une solennelle occasion de la prouver. Nous avons plusieurs des lettres qu'il écrivit à Michel, Ignace etPhotius; elles sont toutes d'une netteté qui ne saurait laisser place au moindre doute, et Nicolas affecte d'autant plus de préciser ses droits dans cette correspondance qu'ils étaient souvent attaqués par l'Orient qui visait à une certaine indépendance. Nicolas eut donc soin de ne rien négliger pour prouver sa supériorité sacerdotale :

a Quand Jésus-Christ eut accordé à saint Pierre, prince des apôtres, le pouvoir de lier et de délier au ciel et sur la terre, et qu'il lui eut donné d'ouvrir les portes du royaume céleste, il daigna établir sa sainte Église sur la fermeté de sa foi, selon cette véridique parole : « Je te le dis en vérité, tu es Pierre, et sur « cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de a l'enfer ne prévaudront point contre elle, et je te don- « nerai les clefs du royaume des cieux. » Pour accomplir cette promesse, et grâce au ciment de ce saintsiège apostolique, les fondements de l'Eglise commencèrent à se développer sur des assises de pierres précieuses et, par la bénédiction de la clémence divine, par le zèle des ouvriers du Seigneur, h la sollicitude de l'autorité apostolique, l'édifice fut élevé sans interruption jusqu'au faîte et il demeurera éternellement debout sans jamais être ébranlé par le souffle ennemi. La primauté de cette Église, comme tout chrétien or-

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thodoxe en est convaincu, et comme je viens de l'établir surabondamment, c'est le bienheureux Pierre, prince des apôtres, et gardien du royaume céleste qui ajustement mérité de l'obtenir*. »

Ce jiassage est très significatif; car, d'après tous les canonistes, le texte cité de l'Evangile est celui qui concède h Pierre et a ses successeurs le souverain pontificat. Sans aller plus loin, je ferai remarquer une fois pour toutes le genre d'argumentation ordinairement suivi par Nicolas P" ; quand il veut établir un de ses droits, il l'appuie sur un texte évangélique, et il déduit de ce texte toutes les conséquences qui peuvent y être renfermées. S'adressant à un homme aussi lettré que Photius, il ne pouvait mieux préciser sa primauté sacerdotale.

Il n'est pas moins explicite quand il s'adresse aux é vaques d'Occident : « Le Pape tient la place de Jésus- Christ dans rÉglise universelle'; la Providence divine Ta mis à la tcte de l'Eglise universelle et a fait de son apostolat comme la pierre angulaire de l'Église; l'Église romaine est la mère de toutes les É<rlises. »

Je crois inutile d'insister sur cette primauté du sacerdoce qui n'offre rien de bien nou.veau. Si j'en excepte quelques évêques du parti de Photius, tous les autres,

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