I. Ep. 12. Migne, 1. c, col
d'elle, à n'en pas douter, que date leur origine ; ils ne doivent donc pas s'égarer dans des sentiments étrangers et risquer de perdre de vue la source même de toute institution.... Si vos prédécesseurs n'ont pas été assez rigoureusement attachés à. ces traditions ou les ont modifiées, nous vous répondons aujourd'hui, non pour vous les faire connaître, mais pour que vous puissiez instruire vos fidèles avec une plus grande autorité ;
OU bien, s'il en est qui s'écartent des institutions de l'Eglise romaine, pour que vous puissiez les avertir ou les juger sans délai : c'est ce qui nous permettra de savoir quels sont ceux qui introduisent des nouveautés ou qui pensent que la coutume à observer est celle d'une autre église que l'Eglise romaine*. »
En 865, répondant aux questions que lui avait posées Harduic, archevêque de Besançon, sur divers points relatifs au mariage, à l'élection des évêques, au pouvoir des chorévêques, a l'homicide, il les traite avec l'autorité de suprême docteur, et il assure à ce prélat le concours de la protection divine tant qu'il sera soumis aux enseignements du Saint-Siège*.
En 867, il recourt à Charles le Chauve pour obtenir une traduction latine de Denys l'Aéropagite, publiée par Scot Erigène. Il veut que ce livre soit soumis à son jugement, et il semble indiquer qu'il doit en être
I. Ep. 98. Mîgne, L c. 1019; ep. 12, 788; ep. 76, 901; ep. 69, 889-890.
a. Ep. 8a. Migne, 1. c, col. 918.
ainsi de tout écrit nouveau, car il dit : « Il aurait dû, selon Tusage, nous être envoyé, et être soumis h notre approbation. » [Quod juxta morem nobis mitti et nosiro debuit judicio approbari^,)
Enfin, dans un concile tenu à Rome, dès 863, il avait mis le sceau k la primauté doctrinale du Pape, en frappant d'anathème quiconque ne tiendrait pas compte d'une doctrine ou d'un ordre exprimé par le souverain pontife, a Si quelqu'un méprise les décisions dogmatiques, les prescriptions, les interdictions, les sanctions ou les décrets sagement promulgués parle pontife du siège apostolique, relatifs à la foi catholique ou à la discipline ecclésiastique, pour prévenir les maux tout à fait prochains ou h venir, qu'il soit anathème*. »
Mais ce souverain pontife, ce docteur suprême est en même temps le représentant du Christ dans le gouvernement des hommes ; il a une troisième primauté : celle de la royauté. C'est encore dans les lettres adressées à Constantinople qu'il faut chercher l'expression générale de la primauté de gouvernement, comme nous y avons déjà trouvé l'expression générale de la primauté du sacerdoce et de l'autorité doctrinale. Nicolas P*", quand il écrit aux Orientaux, ne se dissimule point qu'il s'adresse à un clergé qui compte dans ses rangs des hommes d'une science profonde et d'une