INTRODUCTION. XI
râbles résultats, on coxnmeaça à trouver que l'œuvre de Jean ne répondait pas à la grandeur du sujet, que le style et la manière du vieux chroniqueur sentait trop son X® siècle et qu'il était urgent de remplacer le panneau démodé aux tons exubérants du primitif suranné, par une peinture mieux peignée, plus correcte, agencée avec plus de méthode. Le moine Nagolde, auteur déjà d'une vie de son maître, saint Mayol, chargé par ses supérieurs de cette nouvelle besogne littéraire et historique, expose dans son prologue et la mission qu'il a reçue et les défauts qu'il a à corriger dans l'œuvre de son prédécesseur. « Cherchant non sa gloire, mais le bien de ses frères, il se propose de dissiper les nuages amoncelés autour de la figure du premier fondateur des Clunisiens par le fait du récit désordonné de l'histoire de sa vie, pour montrer à tous ce magnifique soleil, qui, jusqu'alors, n'a pas brillé de tout son éclat. » Ce second biographe emprunte la plus grande part des éléments de son travail au moine Jean ; il présente les faits d'une manière plus simple et moins désordonnée : c'est plus correct, moins emphatique, mais c'est moins naïf et moins vivant.
Tels sont les monuments historiques que nous offre le moyen âge sur saint Odon : c'est à cette source qu'ont été puiser tous les auteurs qui, dans les siècles postérieurs, ont parlé du saint abbé et qui ont consacré, dans leurs ouvrages, des pages plus ou moins nombreuses au résumé de sa vie : Mabillon, qui accompagne son Eloge de saint Odon de ses notes critiques et historiques d'une si grande utilité pour éclairer la route au milieu des ténèbres de cette période ; Dom Bouquet, dans l'histoire littéraire de la France; Dom Marrier, dans sa Biblio-