‹ Saint Paul; cinq discoursChapitre 5 sur 7 · Cor. IX · texte numérisé non relu

Cor. IX

lui devons. Niez la conversion de Saul, oui ; mais niez alors aussi la conversion de la moitié de l'Asie, et de la totalité de l'Europe ; rendez Ephèse à Diane, Athènes à Minerve, Paphos à Vénus, Rome à tous les dieux de son Panthéon, le monde païen à sa dissolution et à sa décadence, et notre Gaule à ses druides, à ses sacrifices humains, à sa barbarie !

Grâces te soient rendues, ô mon Dieu ! de ce qu'au milieu de tant de doctrines que leurs disciples ne peuvent persister à croire qu'à la condition de se crever les yeux, tu m'as donné une doctrine à croire et à prêcher que je trouve toujours plus solide, toujours plus vraie, à mesure que je l'approfondis davantage; et dont les obscurités, n'étant que de ces ombres que notre esprit borné rencontre en toutes choses, ne sauraient troubler la lumière abondante et paisible de tant de preuves rassemblées î

A ces preuves, chrétiens, ajoutez, chacun de vous, la vôtre, comme Saul de Tarse, je ne dis pas ici par vos discours, je ne dis pas même par vos œuvres, mais par le fait seul de votre conversion. Si cette démonstration le cède à celle que nous venons de trouver en Saul pour la force et la clarté, qu'elle n'en diffère pas du moins pour l'esprit; qu'il suffise du changement qui s'est accompli en vous pour attester la vérité de l'Evangile, et pour confondre le monde « en prouvant que Jésus est le Christ l « » Forcez ceux qui vous contemplent à dire

1 Actes IX, 22.

de votre conversion, ce que nous disions tantôt de celle de Saul, qu'elle ne peut s'expliquer que par la vérité de l'Evangile ; étant également impossible, soit de la méconnaître, tant elle donne de fruits précieux, soit d'en rendre compte par aucun intérêt, par aucune influence, par aucun entraînement : par aucun intérêt, parce que votre désintéressement, votre renoncement est trop visible en toutes choses ; par aucune influence, parce que vous vous montrez trop indépendant à l'égard de l'homme, et trop soumis à Dieu seul; par aucun entraînement, parce que vous mettez trop de maturité, trop de prudence, trop de sagesse dans toutes vos œuvres. Frappés de la petitesse apparente des résultats que produit aujourd'hui la prédication évangélique, nous nous demandons souvent quel changement il y faudrait apporter pour la rendre plus efficace. Le changement le plus nécessaire de tous à y apporter est celui-ci: transporter la prédication de nous à vous. Quand nous sommes rassemblés ici devant Dieu, vous vous taisez, et nous parlons; mais au sortir d'ici, les rôles sont intervertis : c'est à nous de nous taire, à vous de parler. Ah! parlez, parlez, par l'œuvre du Saint-Esprit en vous, Evangile vivant, plus convainquant que notre Evangile prêché, et en même temps plus présent au milieu des hommes ; car notre prédication n'est que d'un moment, la vôtre est de toute la vie. Mais où sont-ils, les chrétiens qui prêchent de cette manière? Où les chercher, ceux qui seraient un problème insoluble si l'Evangile n'était pas vrai? Il en est quel-

ques-uns, sans doute — et Dieu veuille faire reposer sur eux son Esprit et sa faveur! — mais qu'ils sont rares! mais qu'il serait, hélas! plus facile d'en trouver qui détruisent notre prédication, qui la convainquent d'erreur ou d'impuissance, parce que leur conversion, si conversion il y a, s'explique trop bien par des raisons humaines, sans tant de mystère ni tant de grâce!

Mais cette conversion décisive , aVoù vient-elle , et comment y arrive-on ? Nous l'apprenons encore de Saul de Tarse.

La conversion vient de Dieu. C'est moins l'homme qui se convertit à Dieu, que Dieu qui convertit l'homme à lui. Jamais sa grâce n'éclata plus visiblement, plus glorieusement que dans la conversion de Saul, converti comme en dépit de lui-mêne. Quelles avances Saul a-t-il faites à Jésus- Christ? quelles avances Jésus-Christ n'a-t-il pas faites à Saul? C'est quand Saul nie, hait, persécute Jésus, que Jésus apparaît à Saul , l'arrête , le terrasse, se nomme et lui change le cœur. Action souveraine, s'il en fut jamais, accompagnée d'un langage qui ne l'est pas moins : « Il m'est un vase d'élection... H t'est dur de regimber contre l'aiguillon... Je te suis apparu pour t'établir ministre et témoin , tant des choses que tu as vues que de celles pour lesquelles je t' apparaîtrai , en te délivrant du peuple et des gentils, vers lesquels je t'envoie maintenant pour ouvrir leurs yeux , afin qu'ils soient convertis des ténèbres à la lu-

— loi —

mière, et de la puissance de Satan à Dieu 1 ; » par où tous voyez que îa même souveraineté que Dieu a déployée sur Saul en l'établissant pour témoin , il la veut déployer sur ceux auprès desquels il l'envoie en ouvrant leurs cœurs à son témoignage. Ce n'est qu'après avoir été vaincu par la grâce, sans l'avoir cherchée, que Saul commence de la chercher à son tour : «Voilà il prie ; » et sa' délivrance s'achève en réponse à cette prière que Dieu lui a mise dans le cœur et dans la bouche.

Avec quelle clarté se découvre ici à l'Apôtre , et à nous dans l'Apôtre, cette main de Dieu puissante autant que paternelle, qui vient , imméritée, inappelée, inattendue, inconnue, « chercher et sauver ce qui était perdu ! » Grâce , élection , prescience , prédestination , quel langage, quelle doctrine ne demeurerait au-dessous du simple fait que nous avons sous les yeux? Ah! que c'est bien le cas de dire , ce que Paul écrit plus tard aux Romains, et qu'il écrit sans doute les yeux fixés sur sa propre histoire : « Ce n'est pas du voulant ni du courant, mais de Dieu qui fait miséricorde ? ! » Eh! qui le sait mieux que toi , « Saul , mon frère? » Du voulant? tu voulais arrêter l'Evangile , et voilà que tu te prépares à le semer jusqu'au bout du monde! Du courant: tu courais à la persécution, et voilà que tu t'achemines vers le martyre ! Aussi notre apôtre ne trouve-t-il pas de termes assez énergiques pour exalter à son gré la

» Actes XXVI, 16-18. — 2 Rom. IX, 16.

grâce gratuite de Dieu , soit dans l'œuvre qui s'est accomplie en lui-même, soit dans celle qu'il souhaite de voir accomplie en d'autres. « Quand il plut à Dieu, qui m'avait choisi dès le ventre de ma mère et qui m'a appelé par sa grâce, de révéler son Fils en moi1 : » voilà pour lui-même ; et quant aux autres , qui a jamais plus clairement, plus hardiment, on serait tenté de dire plus crûment annoncé l'absolue gratuité de la grâce? Quel lecteur n'a eu son tour pour se scandaliser de tel verset des chapitres huitième et neuvième de son épître aux Romains : « Ceux qu'il a préconnus, il les a aussi prédestinés.. . ; et ceux qu'il a prédestinés , il les a aussi appelés; et ceux qu'il a appelés, il les a aussi justifiés; et ceux qu'il a justifiés, il les a aussi glorifiés2. » Oui, la conversion est l'œuvre de Dieu. C'est un germe étranger , déposé dans notre âme par une main étrangère ; c'est une nouvelle naissance , une résurrection d'entre les morts, une seconde création. Nul ne peut changer son propre cœur : il pourrait aussi bien se donner la vie dans le sein maternel , ou relever un mort de son tombeau, ou lancer un monde de plus dans l'espace. Le cœur nouveau , quiconque le désire , doit le demander à Dieu, « de qui, par qui, et pour qui sont toutes choses. A lui soit gloire éternellement ! Amen 3. »

Il faut donc se croiser les bras , et attendre le miracle? Gardez-vous de le croire. Que si vous pouviez en

! Gai. I, 15, 16; 1 Cor. XV, 9, 10, etc. — 2 Rom. VIII, 28, 29; Eph. Il, 8 ; Gai. IV, 9, etc. — 3 Rom. XI, 36.

être tenté par ce que vous venez de voir en Saul de Tarse, détrompez-vous en observant ce même Saul de plus près. Vous n'avez vu encore qu'un des éléments de sa conversion : l'élément divin , étranger. Il y en a un autre, l'élément humain, personnel; et s'il est vrai de dire que jamais l'élément divin ne fut plus apparent , il ne l'est pas moins de dire que l'élément humain ne fut jamais plus sensible.

Tout souverainement qu'il opère en Saul, Dieu n'opère en lui que comme dans une créature libre, responsable, pouvant recevoir sa grâce et pouvant aussi la repousser. Caïphe, dans le Sanhédrin l, entend Jésus lui rendre témoignage de ce qu'il est plus solennellement encore qu'il ne le fait à Saul près de Damas; et pourtant la conscience de Caïphe n'est point réveillée : pourquoi? C'est que Caïphe est un prêtre moins fanatique qu'hypocrite , qui ne sert que son orgueil et son ambition propre, qui n'interroge Jésus que pour la forme, et qui ne déchire ses vêtements que par un faux semblant d'indignation. Balaam est arrêté, dompté par un prodige plus merveilleux encore que la vision de Damas; et pourtant, en dépit de l'obéissance involontaire arrachée à ses lèvres, il retient ce cœur irrégénéré qu'il avait avant d'avoir vu « sa folie réprimée par une ânesse muette parlant d'une voix humaine2; » pourquoi encore? C'est que Balaam est un ami de l'argent, « qui poursuit le

1 Jean XVIII. — *Noinb. XXII; 2 Pierre II, 16.

salaire d'iniquité, » qui fait métier et marchandise de la prophétie, et qui n'est occupé, jusque dans sa prière, qu'à endormir sa conscience , pour qu'elle le laisse se livrer à sa soif de l'or. En un mot, c'est qu'il n'y a ni chez l'un ni chez l'autre cette droiture de cœur, en dehors de laquelle Dieu pourrait agir sans doute , parce qu'il est le maître de toutes choses, mais en dehors de laquelle il n'est point dans les habitudes de sa providence d'agir, je dis plus, en dehors de laquelle nous n'avons pas lieu de croire qu'il agisse jamais. Toute conversion est une alliance : la grâce de Dieu requiert du cœur qu'elle veut renouveler, quelque chose sinon qui l'appelle, du moins qui la recueille, ne fût-ce qu'un vide pour la recevoir. Il y a toujours cette différence entre la création matérielle et la création spirituelle, que l'homme a dans la seconde une part quelconque d'action, dirai-je? ou de consentement; et un Père de l'Eglise a eu raison de dire : « Dieu qui nous a créés sans nous, ne veut pas nous sauver sans nous. »

Eh bien! ce cœur droit, qui peut s'allier à de grands égarements, ce cœur droit est dans Saul ; je dis dans Saul «persécuteur, oppresseur, blasphémateur ; » dans Saul gardant les habits des meurtriers d'Etienne, et donnant les mains à sa mort. Vous vous souvenez de Nalhanaël, rempli de préventions contre Jésus-Christ, mais dont les préventions cèdent dès sa première entrevue avec lui, parce qu'elles ne sont que l'infirmité inconsciente d'un « véritable israélite en qui il n'y a pas

de fraude i : » Saul est un Nathanaël, mais un Natbanaël géant, dont Dieu permet que les préjugés prennent des proportions effrayantes, pour imposer à la vérité qui devait les vaincre un développement colossal. Nathanaël se serait rendu dix fois, devant un spectacle tel que la mort d'Etienne : Saul ne se rend pas, il n'en est que plus enflammé de colère contre celui qu'Etienne invoque avec tant de foi, et en qui il s'endort avec tant

de paix Et pourtant, que savons-nous si cette vue

ne déposa pas dans le cœur de Saul une première inquiétude, un premier doute salutaire? Que savons-nous si cette inquiétude, si ce doute, repoussé d'abord comme une tentation importune, traduit peut-être en amertume et en violence, ne prépara pas les voies pour la scène de Damas? Saul meurtrier d'Etienne, Saul disciple et continuateur d'Etienne : ô profondeur! ô miséricorde!... Quoi qu'il en soit, tout ce que Paul dit de lui-même nous le montre, avant sa conversion, juif opiniâtre, mais convaincu, pharisien ardent, mais sincère, et « servant Dieu, dès ses ancêtres, avec une pure conscience2. » Que dis-je? jusque dans le voyage de Damas, ne démêlez-vous pas, au travers du funeste, du criminel égarement de Saul, ce désir aveugle de servir Dieu, auquel Jésus a rendu un si équitable témoignage3? Dans le moment même où le passage s'opère de la haine à l'obéissance et de Saul à Paul, ces mots dignes de Na-

1 Jean I, 47. — 2 2 Tim. I, 3; Phil. III, 6; Actes XXVI, 4, S. — » Jean XVI, 2.

thanaël : « Que veux-tu que je fasse? » à qui appartiennent-ils : est-ce encore à Saul, est-ce déjà à Paul? Ils appartiennent à l'un et à l'autre. Ne pensez pas qu'il y ait eu de Saul à Paul passage brusque et sans transition : il y a du Paul dans Saul, et il y a du Saul dans Paul. Il est un point intime et secret, « couvert aux yeux de tout homme vivant, et caché aux oiseaux des cieux \ » où la grâce se rattache à la nature, l'œuvre de Dieu au travail de l'homme, la vie nouvelle à la vie ancienne, Paul apôtre à Saul de Tarse. Ce point, c'est le sentiment qui fait dire : « Que veux-tu que je fasse? » mais qui le fait dire selon la lumière du moment ; hier, c'était au Dieu de Moïse, aujourd'hui, c'est au Dieu de Jésus-Christ, confusément aperçu pour la première fois.

N'accusez pas ce commentaire de témérité : je le tiens de bonne main, de la main de saint Paul. « Je rends grâces à celui qui m'a fortifié, à Jésus- Chrit notre Seigneur, de ce qu'il m'a estimé fidèle, m'ayant établi dans le ministère, moi, qui auparavant étais un blasphémateur, et un persécuteur, et un oppresseur; mais j'ai obtenu miséricorde, parce que j'ai agi par ignorance, dans l'incrédulité. » Cette parole est bien remarquable, bien profonde, bien instructive. Ce n'est pas que l'incrédulité où était saint Paul à l'égard de Jésus-Christ et l'ignorance où elle l'entretenait, lui don-

Wob XXVIII, 21.

nât un titre à la miséricorde divine. Des titres! qui s'en est moins attribué que notre apôtre, et où s'en est-il moins attribué que dans cet endroit? Des titres! il ne s'en reconnaît qu'à la perdition, lui, « le premier des pécbeurs, » que Jésus-Christ a sauvé tout exprès « pour montrer en lui le premier toute sa clémence1. » Mais c'est que cette ignorance le laissait accessible à la grâce, contre laquelle une résistance consciente et volontaire aurait invinciblement armé son cœur. Il n'a pas mérité la conversion pour avoir été ignorant; mais, parce qu'il est ignorant, il n'est pas de ces impénitents, de ces endurcis pour lesquels la grâce elle-même n'a plus de ressources, tout ce qu'elle en possède ayant été éprouvé, épuisé, mais sans fruit3. Saul, tout Saul qu'il est, cherche Dieu à sa manière, et comme « en tâtonnant » au travers des ténèbres de la loi ; à peu près comme Luther le devait chercher plus tard dans sa cellule d'Erfurth, par ses macérations et ses pénitences. C'est pour cela que Dieu met une Bible sur le chemin de Luther, et Jésus-Christ sur le chemin de Saul.

Si donc vous voulez avoir part à la grâce de Saul, n'attendez pas, pour chercher Dieu, le miracle qu'il n'a point attendu , et qu'il n'aurait point obtenu s'il l'eût attendu; mais, comme lui, apportez à Dieu un cœur jaloux de le connaître et soigneux de lui obéir. Alors, fussiez-vous, s'il est possible, aussi aveuglé qu'il l'était,

1 1 Tim. I, 12-16. — 2 Héb. VI, 1-4 ; X, 26-29.

Dieu se révélera à vous ; et vous éprouverez à votre tour la vérité de cette parole du Sauveur : « Si quelqu'un veut faire la volonté de Dieu, il connaîtra touchant la doctrine si elle est de Dieu ou si je parle de mon chef1. » Faut-il vous faire remarquer combien cette maxime diffère de celle qu'un monde aussi peu soucieux de la vérité que de la sainteté, a coutume de colporter en ces termes superficiels : « Ce qui importe, c'est moins la foi que la bonne foi? » La bonne foi dont parle Jésus, et dont Saul est animé, c'est une bonne foi qui cherche Dieu, et qui, trouvé, le suit; c'est une bonne foi qui ne va pas sans un commencement de foi 2; c'est une bonne foi — qui est de bonne foi. Apportez, vous dis-je, un cœur qui cherche Dieu, résolu de tout faire pour le trouver, de tout souffrir pour lui plaire ; et puis, comptez sur sa grâce pour accomplir en vous son œuvre, et vous préparer pour la vôtre. Ce cœur, l'avez-vous? Si oui, tout ira bien; si non, ne vous flattez pas : vous vivriez un siècle, entendant chaque dimanche les meilleurs discours, lisant tous les jours les Ecritures divines, entouré des chrétiens les plus fidèles, que vous ne vous convertiriez jamais. Rien, rien au monde, ne supplée à la simplicité d'un cœur droit; non, rien, ni dans la nature, ni dans les événements, ni dans les hommes, ni en Dieu lui-même. Dieu, souffrez la hardiesse de mon langage, Dieu ne peut pas convertir ceux qui n'ont pas le cœur

i Jean VII, 17. — 2 Héb. XI, 6,

droit, pas plus que Jésus « ne peut » faire des miracles en faveur de ceux qui ne croient point l. Il ne peut pas, parce qu'il ne veut pas; et il ne veut pas, parce que sa sainteté ne lui permet pas de vouloir,

Je disais en commençant : Tel arbre, tel germe ; je dis en finissant : Tel germe, tel arbre. La conversion, une vraie conversion, radicale comme celle de Saul, démontrant l'Evangile comme celle de Saul, fruit de la grâce dans un cœur droit comme celle de Saul, une telle conversion , voilà le nerf de cette guerre sainte pour laquelle je souhaite de vous enrôler. Donnez -moi de telles conversions, et je vous donnerai pour le service de Dieu « un peuple de franche volonté \ » 0 vous, qui avez vécu jusqu'ici loiu du Sauveur et de sa grâce, mais qui aspirez à lui appartenir, « aujourd'hui, si vous entendez la voix de Dieu, n'endurcissez pas vos cœurs ! » Mais vous surtout, frères et sœurs, qui l'avez connue, cette grâce, qui l'avez servi, ce Sauveur, mais qui ne trouvez point en vous de quoi fournir à la carrière nouvelle où je vous appelle ; chrétiens, mais qui n'avez rien de Paul dans votre christianisme; convertis, mais qui n'avez rien de Saul dans votre conversion — revenez, revenez sur vos pas! retournez à votre commencement! retrempez-vous dans la source de la vie ! et pour assortir votre christianisme, commencez par convertir votre conversion !

i Marc VI, 5, 6.— ^Ps. CX, 3.

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