‹ Saint Paul épitre aux RomainsChapitre 34 sur 94 · Adam et le Christ · texte numérisé non relu

Adam et le Christ

15) La proposition générale, Adam est le type du Christ, ne saurait être entendue a priori d'une ressemblance parfaite entre les deux personnes, car il peut y avoir entre elles ressemblance ou opposition, et, même dans le cas de ressemblance, supériorité d'un côté (Photius cité par Cornely). Paul passe aussitôt à la supériorité du Christ, sur le point de la propagation; l'opposition est marquée par άλλα. Après oj/ ώς, sous-entendre εστί. — -αρά;:τωαα est le péché personnel d'Adam, au moyen duquel le péché, ή άααρτία, est entré victorieusement dans le monde. Dans ce sens il est le fait d'un seul. A cette déviation par mode de chute (-αρα7:ί-τω), Paul oppose το χάρισ;χα, le don gracieux, le bienfait purement gratuit. — οί -ολλοί sont tous les hommes, donc -ους -okXo-Ji signifie aussi tous, comme l'explique le v. 18, πάντα:. L'opposition n'est pas entre un petit nombre et un grand nombre, mais entre un seul homme et la masse des autres. — ά-έΟανον ne signifie pas la mort spirituelle; c'est la mort naturelle, mais telle que Paul l'entend ici, comme une pénalité due au péché. Si le péché d'un seul a eu une efficacité aussi sinistre en fait, il faut affirmer qu'en fait aussi la grâce de Dieu a abondé sur tous. C'est bien un fait, puisque ε-ερίσ^-ευσεν est à l'aoriste, comme απέΟανον. Mais on eût pu le conclure d'avance, parce que la bonté de Dieu l'emporte sur la faute de l'homme, -ολλω αάλλον est donc au sens logique : combien plus doit-il être vrai ! La grâce de Dieu est considérée d'abord dans sa source, ή /.άρις -où θεοΰ, la bonté, la bienveillance de Dieu. Mais avant d'être communiquée aux hommes, cette grâce est celle de Jésus-Christ; c'est par lui qu'elle devient un don dont les hommes peuvent faire leur profit, f, δωρεά εν /άριτι. Si Jésus-Christ est qualifié τοϋ ενός ανθρώπου, c'est par opposition à Adam. D'un côté le péché d'Adam, de l'autre la grâce de Dieu en Jésus-Christ; d'un côté le châtiment de la mort, de l'autre côté le don de cette grâce; il eût été plus clair d'écrire ή δωρεά ή εν /.άριτί, mais l'article n'est pas nécessaire dans la koinè (SIL). Rattacher έν /.άριτι à έ-ερίσσευσεν reviendrait au même pour le sens, mais atténuerait le parallélisme.

ÉPITRE AUX liOMAINS, V, iG. 109

Christ, se sont répandus sur tous en abondance. "' Et il n'en est pas du don comme du fait d'un seul pécheur, car le jugement porté sur un seul pèse comme une condamnation, tandis que le don gratuit,

Si Paul avait voulu seulement comparer le champ d'action du péché et de la grâce, il y aurait seulement parité. Sa pensée est donc que la grâce en se répandant détruit le péché; c'est ce qu'il suggère ici, et ([u'il prouvera par ce qui suit, selon le procédé de v. 12 par rapport à 13 s. L'Apocalypse d'Esdras (iv, 30 ss.) oppose la graine funeste du péché aux riches moissons du monde à venir : Quoniam i^ranuin sciiiiniii mali seminalum est in corde •Adam ah initia; cl quantum inipicLalis ^eneravit usque nunc et ^enerabit usquc cum véniel area! Aestima autem apud te, granum mali seminis quantum l'ructum iinpietatis generaverit; quando seminatae fuerint spicae, quarum non est numerus, quam inagnam aream incipient facere! Sur le texte du Sifrù, cf. Le Messianisme... p. 243 ss.

On ne sait pourquoi les Latins ayant traduit multi ont mis ensuite plures au lieu de multos; Augustin a protesté qu'il fallait lire multos [C. Iulian. opus imperf. II, 148), en faisant appel au grec, non comme témoin des mss. latins (contre Corn.). — in gralia de Vg.-Clém. est plus conforme au grec que in gratiam (WW.).

16) Deuxième opposition, entre le péché de l'homme et le don de Dieu. C'est bien le péché qui est en cause, mais Paul tient aie présenter comme l'acte d'un seul pécheur, ot' ενός ά[α.αρτησαντος... Ιξ ένο'ς (masculin), quoiqu'il n'ait pas, cette fois, opposé le Christ à Adam. La phrase est elliptique ; suppléer έσ-ί avec τό διόοηι^α, et έγίνετο avec y.pÎ[J.oi. — κρίμα et κατάκρινα sont entre eux comme jugement et condamnation. Cornely donne déjà à κρί,αα le sens de sententia damnatoria, et est obligé de postuler pour κατακοίαα le sens de condamnation exécutée, comme vin, 1. Ce sens est admis par Deissmann [Neue Bihclstudien, p. 93), qui cite Hésychius, κατάκριαα• κατάκρι^ί;, καταδίκη, et surtout plusieurs papyrus où κα7α•/.ρ;;Αα-:α (au pluriel) lui paraît avoir le sens de χ servitude légale », ou, comme je croirais, d' « hypothèque judiciaire » à la suite d'une condamnation, ou d'amendes, κατάκρι^χα peut donc ici signifier la peine comme prononcée. Le jugement est naturellement ce qu'exigeait la circonstance, une condamnation portant sur le péché d'un seul, et aboutissant au châtiment, tandis que le don de la grâce porte sur plusieurs péchés, celui d'Adam et les péchés personnels des hommes, et aboutit à la justification, δικαιωρια, comme forme nominale, indiquerait un jugement d'absolution, mais l'opposition au v. 18 entre κατάκριμια et δίκαίωσις indique plutôt le sens actif de δικαίωσις. δικαίωμα a été choisi de préférence à cause de l'allitération avec les autres substantifs en -μα (Lietz.). L'opposition est donc au fond entre le châtiment et la justification, ou la justice conférée; l'explication viendra plus loin.

La Vg.-Clcjii. est allée au péché, sans passer par l'intermédiaire du pécheur, per unum peccatum, comme s'il γ avait αμαρτήματος; ensuite ex uno (se. peccato) au neutre. Le sens est sensiblement le môme. Mais on lira avec

110 lîPITRE AUX ROMAINS, V, 17-18.

après de nombreuses fautes, [aboutit] à la justification, ^^ Si, en elFet, parla faute d'un seul, la mort a régné par le fait d'un seul, à plus forte raison ceux qui reçoivent l'abondance de la grâce et du don de la justice régneront dans la vie, par le seul Jésus- Christ. ^^ Ainsi donc, comme par la faute d'un seul la condamnation a pesé sur les hommes, de même aussi la justice exercée par un seul [procure] à tous les hommes la justification qui donne la

WW. per unum peccantem, indiqué par le codex de Carafa. Quidein est rayé par ΛΥΛΥ.

17) Les termes de ce v. rappellent le v. 15, si bien qu'on serait tenté de prendre le v. 16 pour une parenthèse. Mais le v. 16 avait fait avancer la pensée en introduisant l'idée de justification. Le tout est maintenant repris et conduit au terme final du règne dans la vie. C'est une explication qui sert de preuve. Elle est conçue comme le v. 15, mais le parallélisme en est encore moins rigoureux. Un enchaînement mathématique eût exigé πολλω ΐΑάλλον τω του ένόζ δικαιώματα ή ζο^ή βασιλεύσει δια του Ινος Χρίστου [Lietz.), mais, SuiA'ant les vraies règles du parallélisme qui exige de la variété, Paul remplace la royauté métaphorique de la vie par le règne réel des élus. Le contraste est saisissant, des esclaves de la mort qui deviennent des rois !

— δια του ενός après τω τοΰ ενός -αραπτώιχατι est pour marquer plus fortement le rôle d'Adam comme cause de la mort pour tous les hommes en suite de son propre péché ; c'est une nouvelle indication dans le sens du péché originel. L'abondance de la grâce répond à la grâce de Dieu du v. 15, et le don de la justice répond au don dans la grâce de Jésus du même verset. L'homme reçoit cette abondance, figurée comme une chose extérieure. SH. prenant l'image à la lettre disent que cette chose n'est pas opérée en l'homme, mais A'ient à lui, imputée, non infusée. Mais l'essentiel est que cette chose conçue comme extérieure on tant que don soit réelle et pénètre dans l'homme, soit reçue en lui; de même la justice, donc infusée, non imputée. C'est à la théologie d'expliquer comment cette justice ne peut exister objectivement en dehors de Dieu et en dehors de l'homme, et qu'elle naît dans l'âme par l'action de Dieu; ce n'est pas moins un don. Il va sans dire que cette justice est acquise par le sang de Jésus et la foi en Jésus. Mais Paul renvoie la mention du Sauveur à la fin de la phrase comme étant la cause de la vie. Par lui les fidèles sont justifiés, par lui ils régneront (II Tim. ii, 10 ss.).

Le texte de ]'^.-Clrm. : ujiiiis deliclo rend mieux le grec que in unius delicto de WW. La conformité au grec demande qu'on retranche et devant iustitiae.

18) On dirait d'une conclusion générale qui remonte au v. 12; cependant c'est surtout le développement du v. 16, en prenant pour point de départ non pas "-tp'-iJa, mais seulement /.ατάχριμα. La phrase est \\\e, comme les précédentes; les verbes ne sont pas exprimés. On peut sous-entendre έγένετο et γίνεται. άρα ouv est fréquent en grec comme interrogation en tête de la phrase. Paul l'emploie à cette place sans interrogation vu, 3. 25; viii, 12; ix, 16. 18;

ΕΡΙΤϋΚ AUX noMAixs, ν, 19.

vie. 1^ En effet, de môme que par la désobéissance d'un seul homme tous ont été constitués pécheurs, de même, par l'obéissance d'un seul, tous seront constitués justes.

XIV, 12. 19; Gai. vi, 10; Epli. ii, 19; I Thess. v, G; II Thess. ii, 15, contre l'usage cla.ssique qu'il suit cejjendant quelquefois (vu, 21); ουν renforce αρα. oi' év'oç παρα;:-(όαατος pourrait être per iinum delictuiii, mais tout le contexte indique plutôt per uniiis delictum (Vg.), et il en sera de même de ot' ένο; οικα!(όαατος {fjpsius, Corn. etc.). κατάκρ'.[α.χ, dans ce contexte, suppose le sens de condamnation prononcée, presque de châtiment, condeninationcm, quae pertinet ad pocnam [T/ionias); cf. v. 16. — οι/.αίωμα est diilicile. D'après SU., c'est la sentence par laquelle Dieu déclare les hommes justes à cause de la mort du Christ. Dans ce cas hh s'accorderait avec δικαιώματος, « à cause d'une seule sentence « ; mais comme ces auteurs entendent de la même far-ou oty.aif.)c;ç, ce serait la sentence rendue qui irait vers la sentence. Ils supposent aussi que δικα''(ο;χα est opposé à κατάκρι;χα, ce qui n'est pas le cas. Et pourquoi cet unique acte d'absolution? Dès le v. 19 nous revenons à l'opposition entre Adam et le Christ. Il est donc certain que ένο'ς signifie « d'un seul « qui est le Christ. Son δtκα''ω[J.α doit être quelque chose comme l'obéissance du v. 19, l'accomplissement de la justice, opposé au péché. SU. ol)jectent que ce sens n'existe pas ailleurs; on peut cependant citer Baruch ii, 19; Apoc. xix, 8 (Corn.). Dans II Regn. xix, 2,5-(-26y, δ[καίω[χα (rendant np7i*) doit signifier aussi une action méritoire. Le sens normal de δικαίω[Λα est précepte divin; ici un précepte observé. Les justes juifs possédaient devers eux les préceptes observés comme un trésor. Sans adhérer à cette idée, Paul a pu se servir du mot dans ce sens.

L'action du Christ, observant toute justice, s'oppose au péché originel; tandis qu'il a entraîné le châtiment, elle conduit â la justification de la vie, c'est-à-dire qui est la vie ou plutôt qui cause la vie, ce qu'on ne peut dire de la simple sentence d'absolution. Dans les deux cas la cause posée s'étend à tous. Pour le châtiment de la mort, cela est évident, mais la justification? D'abord Paul ne prétend pas qu'elle ait un effet rétroactif sur tous les hommes déjà morts. Peut-être veut-il dire que la justice acquise par le Christ est suffisante pour sauver tous les hommes, s'ils l'acquièrent par la foi. Ou bien, s'il s'agit de l'action exercée par la justice, il faut comparer ceux qui descendent d'Adam d'un côté, et de l'autre ceux qui sont nés si^irituellement dans le Christ [ΊΊιοιηαα).

19) C'est dans ce verset que le parallélisme de parité est le plus exact. Il s'agit toujours de la justification parle Christ; elle n'est plus prouvée comme dans le v. précédent ex posteriori, par le règne qui en est la conséquence, mais ex priori, par sa cause : causae eniin similes sunt suis ejfeclibus : inobedientia auteiii priini parentis, quae liabet rationei)i iniastitiae, constitiiit per.catores et iniustos : igitur obedientia Cliristi, quae liabct rationein iustitiac, consiiiuit iusios [Thomas).

Le péché d'Adam, indiqué dès le début comme la transgression d'un pré-

112 ÉPITRE AUX liOMAIXS. V, 20.

'^''La Loi est intervenue afin que la faute abonde; mais, où le

cepte sous peine de mort, est une désobéissance, -αοακοή, à laquelle s'oppose l'obéissance du Christ, υπαχοη (sur laquelle cf. Phil. ii, 8). La notion du péché originel est de nouveau affirmée, car καθιστάναί, « instituer, constituer, établir », indique plus qu'une appréciation juridique. Les anciens protestants le concédaient du péché qui n'est qu'une privation, ils eussent dû le reconnaître aussi de la justice. Le futur (κατασταθήσονται) ne s'entend pas du jugement dernier, comme Gai. v, 5 (contre Lips., Lietz.), car Paul dans tout ce passage considère la justification comme actuelle; il s'explique parce que la source de justification qui est dans le Christ sera encore ouverte pour de nombreux fidèles en outre de ceux qui l'ont déjà reçue fcf. m, 30).

20-21. Ces deux versets sont comme un appendice, nécessaire cependant à l'intelligence de tout le morceau. Entre Adam et le Christ, il y avait la Loi. Quel avait été son rôle ? Il était d'autant plus indiqué d'en parler, que, pour prouver l'existence du péché originel, Paul avait argué de la situation entre Adam et Moïse. On pouvait donc se demander si la période de Moïse à Jésus ne se distinguait pas par un caractère particulier; si elle avait atténué le péché ou procui'é la grâce. Paul répond qu'elle n'a servi qu'à mettre la grâce dans tout son jour par rapport au péché.

20) vdfjLoç, même sans article, est bien la Loi de Moïse, sans distinction de loi morale et de loi cérémonielle. -αρέρχεσΟαι n'est pas subintrare, entrer en cachette, puisque la Loi a été donnée si solennellement; ce n'est pas non plus suivre un chemin de côté [Diodore], la Loi n'étant qu'un compartiment dans l'humanité. C'est simplement entrer pour jouer son rôle, comme un orateur (Tnuc. II, 59), un joueur de flûte (Ath. 538) entre momentanément eu scène. La Loi a occupé la scène de Moïse à Jésus-Christ.

— ïva a été pris par Chrys. dans le sens d'une conséquence : τό δε 'ίνα ενταύθα ουκ αιτιολογία; πάλιν αλλ' έκβάσεώς εστίν. Ου γαρ δια τοΰτο έδόΟη "να πλεονάστ]^ αλλ' έδόΟγ) [J-Èv ίόστε αειωσαι καΙ άνελεΓ'ν το παραπτωυ.α" εξέβη δε τουναντίον, ου παρά τήν του vo'fxou φύσιν, άλλα παρά την τών δεξααένων ραΟυ;α.;αν. De même Thomas, primo loco : primo quidem ut dicamus qiiod ly ut non ponitiir causaliter. sed consécutive. — D'après Cornely, il s'agit d'un dessein de Dieu; cf. vu, 7. Dieu, en donnant la Loi, avait en vue la multiplication et l'aggravation du péché, plus nombreux puisqu'il y avait plus de préceptes, plus grave parce qu'il violait une loi positive. Cependant ceux qui admettent ce sens, Aug., Thomas (3° loco), Estius, Cornely, ne l'entendent pas comme si Dieu s'était proposé pour but de développer le péché : le but de Dieu était d'obliger les pécheurs, connaissant mieux leur faiblesse, à demander pardon. De sorte que ces auteurs admettent la finalité, mais en dépassant les termes de Paul. — On peut noter que Dieu n'est pas ici directement en scène. La Loi est un épisode dans l'histoire de l'humanité; c'est un incident du drame, destiné à amener la péripétie. Il y a donc bien finalité, mais la finalité dont il est ici question est inhérente à la nature de la Loi, de toute loi. Paul ne se demande pas quel but Dieu se proposait en donnant la Loi, qui fut certainement un l)icnfait en elle-même, et accompagnée de lumières et de

ÉPITKE AUX ROMAINS, Λ', 21. 113

péché a abondé, la grâce a surabondé, '-' afin que, comme le péché a régné dans la mort, ainsi la grâce régnât par la justice pour la vie éternelle, par Jésus-Christ Notre-Seigneur.

grâces. Il isole la notion de loi. Par le fait même, une loi, en multipliant les défenses et les ordonnances, multiplie les péchés, au moins intérieurs. Il s'agit de la Loi mosaïque, mais toute nue, considérée comme une loi prohibitive. Gela n'empêchait pas la Loi d'être utile aux individus, car elle suggérait aussi le repentir et organisait l'expiation. Toute loi en eiTet est donnée dans l'intérêt de ceux auxquels elle est imposée, et il est difficile de prétendre que les Israélites, surtout depuis le retour de la captivité, n'étaient pas plus agréables à Dieu que les gentils. Mais si la Loi pouvait être utile à chacun en particulier, elle avait dans l'histoire de l'humanité ce résultat — voulu par Dieu — de mettre le péché plus en relief; 'ίνα έν τοις xtT.o νόμον πολύ φαίνο'.το το παράπτωι^α.,. τέθειται τοίνυν δ νο'μος lÀsy/o; οΤά τις τη; απάντων ασθενείας (Cyrille, Catena ; ThoDias, 2'^ loco). D'ailleurs le sujet sera traité de nouveau par Paul (chap. vu).

— το παρά-τωια,α, non plus le péché personnel d'Adam, mais le péché qui se commettait sous l'économie de la Loi. — oS doit se traduire par « où », dont le sens est local, mais le domaine est dans le temps, plutôt que dans l'espace. — ή αμαρτία, le péché, comme une entité puissante. C'est d'abord le péché d'origine, mais, comme un fleuve, il se grossit de tous les péchés actuels. C'est à ce moment que la grâce a surabondé.

Au lieu de subintravit, on proposerait volontiers obiter siibiit [Erasme); le second delictum (aussi dans WW.) serait avantageusement remplacé par peccatam, plus conforme au grec, et qui a des appuis dans la tradition ms. de la Vg.

21) Précédemment (v. 17) c'était la mort qui régnait. Ici c'est le péché; il régnait dans la mort, temporelle et spirituelle, qui était son œuvre. Le péché, personnifié comme un monarque, est plus que le παράπτωμα isolé qui était opposé à l'acte sauveur du Christ; il est opposé à la grâce. La grâce règne déjà au moyen de la justice, préparant à la vie éternelle.

Dans Vg. au lieu de mortem, lire morte (WW.).

Toute cette péricope est donc une suite d'anthèses. Deux acteurs, Adam et le Christ. Le péché actuel d'Adam, το παράπτωμα, et le don de la grâce, τό ■/άρισμα (ν. 15), le jugement de condamnation conduisant au châtiment, le don de la grâce conduisant à la justification (v. 16). Le péché d'Adam amène le règne de la mort, le don de la justice amène le règne de ceux qui l'ont reçue (v. 17). Un péché actuel d'un seul procure le châtiment, l'acte méritoire d'un seul procure la justification (v. 18). La désobéissance constitue des pécheurs, l'obéissance fait des justes (v. 19). Le péché, grandi par les péchés actuels, règne et tue; la grâce par la justice règne et prépare la vie éternelle (20. 21).

Note sur saint Paul et le péché origixel (cf. R. P. Frey, L'état originel et la chute de l'homme d'après les conceptions juives au

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