‹ Saint Paul épitre aux RomainsChapitre 58 sur 94 · Grave avertissement · texte numérisé non relu

Grave avertissement

Ces versets sont le corollaire de tout ce qui précède, depuis le ch. vi, et résoh'ent définitivement les objections de vi, 1. 15. C'est même probablement pour cela que la tournure du v. 12 est négative : non, nous ne devons pas servir la chair! Mais en même temps ils servent, le v. 13 surtout, de transition vers ce qui suit. L'affirmation de la vie y sera amplement confirmée.

12) àaî'lhai « débiteurs « ; en général on est tenu, soit par une obligation au service, soit par gratitude. Ce serait le second si la phrase était positive : « Nous sommes donc redevables envers l'Esprit ». Mais puisqu'il s'agit de la chair, la question de reconnaissance ne se pose même pas. Nous ne sommes pas à son service (cf. i, 14). Dans τοΰ, le gén. n'indique pas la finalité; il dépend de οφειλέτης et marque ce à quoi l'on n'est pas obligé, c'est- ;i-dire de vivre au goût de la chair. L'idée po.sitive serait qu'on est débiteur envers l'Esprit; mais Paul aura beaucoup d'autres choses à dire de l'Esprit; il termine ce qui regarde la chair.

13) Le chrétien lui-même iv. 12 αδελφοί... Ισμε'ν) pourrait νίλτβ selon la chair! Paul n'est donc pas l'idéaliste illusionné que l'on dit.

— Iv ττνεύιχα-ί, dans l'esprit que vous avez reçu, et qui est en vous un principe de vie spirituelle (Corn.), non pas l'Espril-Saint (Zahn, Kiihh.

— -picv.; dans Polybe au sens d' « intrigues, menées >> (II, vu. 8; l'y, lxxi, 6; V, xcvi, 4); cf. Le. xxin, 51. La loi du péché qui était dans les membres est vaincue; mais il reste des dispositions corporelles inquiétantes qu'il faut mettre ta mort. Et comme elles appartiennent au corps, il faudra recommencer durant toute la vie mortelle, si l'on veut vivre éternellement. Les deux alternatives sont donc, même pour le chrétien, mort éternelle ou vie éternelle. Au \'. 13 Paul en a fini avec la chair, il va maintenant se consacrer à l'esprit.

Vivitis (Irex. V, x, 2; Cypr. De zelo et lh\ xiv) rendrait mieux ζητε que vixerids [Vg.]. De même Οανατοΰτε est mieux rendu par mortificatis {Irén., Cypr., WW.) que par mortificaverids (Vg.-Clém.); μέλλετε άποθνι^σκειν est d'ailleurs mieux rendu par moriemini [Vg.) que par futurum est ut moriamini Tert. De res. carn. 46) ou incipietis mori {Irén., Cypr.). Carnis [Vg.) rend της σαρκός; mais τοΰ σώματος est certsdn, il faut donc lire corporis.

14-30. Le s.\lut est assuré aux chrétiexs comme enfants de Dieu.

Toute cette péricope est consacrée à la qualité d'enfants de Dieu qui est celle des chrétiens : l'Esprit le .suggère et en est témoin. Si nous

fils de Dieu. '"'En cliet, vous n'jivez pas reçu un esprit d'esclavage pour retomber dans la crainte, mais vous avez reçu un esprit

sommes enfants de Dieu, nous hériterons donc avec le Christ. Cet enseignement (14-17) ouvre des perspectives de gloire (18). Elles sont suggérées par quatre arguments, de plus en plus assurés : d'abord le pressentiment des choses créées (19-22); puis les soupirs de notre espérance (23-25); l'intercession de l'Ksprit-Saint (26-27); enfin les desseins de Dieu qui nous représentent la chose comme faite (28-30).

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