Talm. de Bab., BerakoiK 61 a
4. Voir, par exemple, l'onirocritique de Talm. de Bab., Berakolhj 36 6.
5. Voir Épiphane, haer. xxx, 4 et suiv. ; saint Jérôme, In h,, m; Jean Ctirys., In Jud,, hom. i, 2, en tenant compte de la partialité de ces écrivains.
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comme tout à fait relâchées. Mais c'est la raison surtout qui, dans cet Israël décrépit, se montre affaiblie. Le surnaturel est prodigué d'une façon insensée. Le miracle paraît chose si simple, qu'un hallely une prière spéciale y est consacrée, comme à l'événement le plus ordinaire de la vie^ Jamais peuple, après une période d'activité extraordinaire, ne traversa un aussi effroyable abaissement.
Une petite secte, enfermée dans de nombreuses prescriptions qui l'empêchent de vivre de la vie de tous, est par sa nature insociable. Elle est nécessairement haïe et devient facilement haineuse. Dans une large société, pénétrée par de grands principes libéraux, comme est la civilisation moderne, et comme fut à quelques égards la civilisation arabe de la première moitié du moyen âge, cela n'a pas de graves inconvénients. Mais, dans une société comme le moyen âge chrétien et comme l'Orient de nos jours, cela produit des flots accumulés d'antipathies et de dédains réciproques. Étranger partout, sans patrie, sans autre intérêt que ceux de sa secte, le juif talmu^ diste a souvent été un fléau pour les pays où le sort l'a porté. Qu'on songe au juif d'Orient et des côtes barbaresques, plein de rancune quand il est perse-»
A, Talm. de Bab., Berakoih, 56 a^
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cuté, arrogant et insolent dès qu'il se sent protégé. Les nobles efforts des israélites européens pour améliorer l'état moral de leurs frères d'Orient sont euxmêmes la meilleure preuve de l'infériorité de ces derniers. Sans doute la détestable organisation sociale de l'Orient est la première cause du mal ; mais l'esprit du judaïsme exclusif y est aussi pour beaucoup. Le régime du ghetto est toujours funeste. Or, je le répète, les pratiques du pharisaïsme et du talmudisme faisaient de ce régime de réclusion l'état naturel du peuple juif. Le ghetto a été pour le juif moins une contrainte venant du dehors qu'une conséquence de l'esprit talmudique. Toute race y aurait péri, et la façon dont le peuple juif a résisté à ce genre de vie délétère prouve éminemment la force de sa constitution morale.
Il n'est pas d'esprit élevé qui ne doive éprouver une haute sympathie pour une race dont le rôle en ce monde a été si extraordinaire, qu'on ne peut en aucune façon concevoir ce qu'eût été Thistoire de l'espèce humaine si un hasard eût arrêté les destinées de cette petite tribu. Dans le jugement de la crise terrible que traverse le peuple juif vers le commencement de notre ère, crise qui amène, d'une part, la fondation du christianisme, de l'autre, la ruine de Jérusalem et le talmudisme, bien des injustices sont à réformer.
Les couleurs sous lesquelles les pharisiens sont représentes dans^les Evangiles ont été un peu chargées ; les évangélistes paraissent écrire sous l'impression des ruptures violentes qui se produisirent entre les juifs et les chrétiens vers l'époque du siège de Titus. Dans les Actes des apôtres, dans tout ce que nous savons de l'Église de Jérusalem et du rôle de Jacques, frère du Seigneur, les pharisiens ont un rôle sensiblement différent de celui qu'ils jouent dans les discours que les synoptiques prêtent à Jésus. On ne peut néanmoins s'empêcher d'être décidément avec Hillel, avec Jésus, avec saint Paul, contre Schammaï, avec les agadistes contre les halakistes. C'est l'agada (la prédication populaire) et non la halaka (l'étude de la Loi) qui a conquis le monde. Certainement le judaïsme fermé, résistant, serré dans la double haie de la Loi et du Talmud, qui survit à la destruction du temple, est grand et imposant encore. Il a rendu à l'esprit humain ul^ service de premier ordre; il a sauvé de la destruction la Bible hébraïque, que probablament les chrétiens auraient laissée se perdre. Le judaïsme dispersé a donné au monde des hommes excellents, dés caractères de la plus grande élévation morale et philosophique; à diverses reprises, il [a été pour la civilisation un précieux auxiliaire. Cependant ce n'est plus là le
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grand judaïsme fécond, portant en ses flancs le salut du monde, que nous offre l'époque de Jésus et des apôtres ; c'est la vieillesse respectable d'un homme qui une fois a tenu dans sa main le sort de l'humanité, et qui vit ensuite de longues années obscures, toujours digne d'estime, mais désormais n'ayant plus de rôle providentiel.
Saint Paul, Philon, l'auteur des vers sibyllins et des vers attribués à Phocylide étaient donc dans le vrai quand, tout en maintenant le fond du judaïsme, ils en rejetaient les pratiques. Ces pratiques auraient rendu les conversions impossibles. Ces pratiques, scrupuleusement conservées par la plus grande partie de la nation, ont été et sont encore un véritable malheur pour elle et pour les pays où elle vît en f;7. grand nombre. Les prophètes, avec leurs larges
aspirations, et non la Loi, avec ses strictes observances, renfermaient l'avenir du peuple hébreu. Jésus sort des prophètes et non de la Loi. Le Talmud, au contraire, c'est le culte de la Loi poussé jusqu'à la superstition. Après avoir fait une guerre acharnée à toutes les idolâtries, Israël y substitua un fétichisme : le fétichisme de la Thora.