Épltre à Diognète
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tivité qu'il y a déployée a été la même que s'il eût labouré un sol large et fécond; or le résultat d'un travail opiniâtre, appliqué à une matière ingrate et sèche, c'est la subtilité. Vouloir tout trouver' dans un texte, c'est s'obliger à des tours de force puérils. Quand on en a épuisé le sens naturel, on cherche les sens mystiques, puis on se met à compter les lettres, à les supputer comme des chiiïres, etc. Les chimères de la Cabbale et du Notarikon ont été la dernière conséquence de cet esprit d'exactitude à outrance et de servile ponctualité. Il y avait, dans un pareil entassement de disputes sur la meilleure manière d'accomplir la Loi, la preuve d'une foi religieuse bien ardente. Qu'il nous soit permis de l'ajouter, il y avait aussi une sorte de jeu d'esprit, un amusement. Des hommes ingénieux et actifs, condamnés à une vie sédentaire, chassés des lieux publics et de la société générale du temps, demandaient aux combinaisons de la dialectique, appliquées h des textes légaux, une manière de tromper leur ennui. Même encore de nos jours, dans les pays où les israélites vivent exclusivement entre eux, le Talmud est, si on peut le dire, leur grand divertissement. Les réunions qu'ils forment pour en éclaircir les difficultés, pour discuter des cas obscurs ou imaginaires, leur semrblent des parties de plaisir. Ces subtilités, selon
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nous fastidieuses, ont paru et paraissent encore à des milliers d'iiommes la plus attachante des applications de l'esprit humain.
A partir de ce moment, Israël a tous les défauts des hommes solitaires ; il est morose, malveillant. Jusque-là, l'esprit de Hillel n'avait pas complètement disparu ; quelques portes au moins de la synagoguQ avaient été ouvertes au converti. Maintenant on ne veut plus de prosélyte. Israël prétend avoir la loi vraie, la loi unique, et en même temps il prétend que cette loi n'est que pour lui. Celui qui cherche à s'agréger au peuple de Dieu est repoussé avec injure. Certes il était bien d'y mettre de la discrétion et d'avertir le néophyte des dangers et des inconvénients qui l'attendaient *. Mais on ne s'arrêta pas là: tout prosélyte fut bientôt envisagé comme un traître, comme un transfuge qui ne ferait que traverser le judaïsme pour passer aux chrétiens. On proclama que les prosélytes étaient une lèpre pour Israël *, et que la défiance jusqu'à la vingt-quatrième génération était tout ce que méritaient ces importuns '. La sage distinction que" faisaient, au point de vue des céré-
4. Talm. de Bab., Jehamolh, 47 a; Kidduschin, 70 h ; Mas- ^ket Gérim, init. (édit. Kirchheim).
t. Taltn de Bab., Jebam,, 47 h ; Kidduschin, 70 h, 3, lalkout hulh, fol. 463 d.
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monîes, les juifs du r*^ siècle * et les agadistes s'inspirant d'Isaïe etdejérémie, cette grande concession que le précepte de la circoncision, par exemple, ne regarde que les descendants d'Abraham, tout cela fut oublié. Dès lors, la propagande se trouvait interdite, et le « seulement » de la loi d'Antonin* devenait superflu; car il était évident que le monde grec et romain ne se résignerait pas à une vieille pratique africaine, hygiénique à Torigine, mais messéante en nos climats, et qui, pour les juifs eux-mêmes, n'était plus que gênante et dénuée de sens.
Lés mœurs souffrirent un peu de tant d'atteintes portées à la nature. Sans renfermer aucun mauvais conseil, et même tout en insistant étrangement sur les précautions d'une pudeur timide % le Talmud parle trop souvent de sujets lubriques, il suppose chez ses rédacteurs une imagination assez excitée*. Au 111% au iv« siècle % les mœurs juives, surtout celles des patriarches et des docteurs, sont présentées
i. Le marchand Ananie, Jos., Anl.j XX, iv, 3.