Tertullien, ApoL, %i
298 ORIGINES DU CHRISTIANISME. {An 138]
Pendant que le monde se reprenait à vivre , les juifs et les chrétiens s'obstinaient plus que jamais à
vouloir qu'il fût à sa dernière heure. Nous avons vu le faux Baruch s'épuiser en annonces vagues. La sibylle judéo-chrétienne, pendant tout ce temps, ne cessait de tonner ^ La splendeur toujours croissante de Rome était un sanglant outrage à la vérité divine, aux prophètes, aux saints. Aussi s'appliquait-on à nier effrontément la félicité du siècle. Tous les fléaux naturels, qui continuaient d'être assez nombreux*, étaient présentés comme des signes d'une colère implacable '. Les tremblements de terre d'Asie, passés et actuels *, étaient exploités dans le sens des
4 . On peut rapporter à ces temps certains morceaux du paragraphe 3 du livre III de Carmina sibyllina. Minucius Félix, il : (( Mundo cum sideribus suis minantur incendium. »
2. Les tremblements de terre et les fléaux naturels continuaient d'être très-fréquents, depuis l'effroyable tremblement de terre qui bouleversa Antioche et tout l'Amanus en 115. Voir Dion Cassius (Xiphilin), LXX, 4 ; LXXI, 32 ; Eusèbe, Chron,, ann. 6 et 11 d'Adr.; Spartien, Adr,, 21 ; Capitolin, Ânt. Pius, 89; Auréiius Yicior, Epit.^ 16; Eutrope, VIII, 13; faux rescrit d'Antonin, dans Eus., H, E., IV, 13; Chron. Alex., an 128, etc.: ^Elius Aristide, Ilï, p. cxiii, cxlvi, édit. Dindorf; Mém,de VAcad, des inscr., nouv. série, t. XXVI, 1" partie, p. 242-245, 267-268; Tiilemont, Emp,, II, Marc-Aurèle, art. 24; Antonin, art. 6; index, p. 623; Mëm,, II, p. 383; Corpus inscr. gr,, n» 1104.