Celse, dans Orig., II
3. Lucien, Peregr,, 21 , 23, 33. Comparez Celse, dans Origène, VIII, /i8, 54; Min. Félix, 14, 12.
4. Le chapitre précité d' Arrien trace un idéal, qu'Épictète semble regarder comme impossible, et qui en tout cas n'était guère réalisé de son temps (§ 80). Il semble môme qu'il se môle à 03 morceau une certaine ironie (§§ 85, 93, 99).
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entraîner aux rigueurs, même envers ceux qui semblent les lui demander. L'atroce cruauté du code pénal romain va créer le martyrologe^ source lui-même d'une vaste littérature légendaire, pleine d'invraisemblances et d'exagération. La critique, en dévoilant ce que les récits des Actes des martyrs ont d'insoutenable, est passée quelquefois à l'excès contraire. Les documents qui étaient d'abord présentés comme les pièces originales des procès des martyrs s'étant trouvés pour la plupart apocryphes; les textes des historiens proprement dits relatifs aux persécutions étant rares et courts ; les recueils des lois romaines ne contenant presque rien sur la matière, il était naturel qu'on s'imposât la plus grande réserve. On put être tenté de croire que les persécutions furent en réalité peu de chose, que le nombre des martyrs ne fut pas considérable % et que tout le système ecclésiastique sur ce point n'est qu'une construction artificielle. Peu à peu la lumière s'est faite. Même dégagées des exagérations de la légende, les persécutions restent une des pages les plus sombres de l'histoire et la honte de l'ancienne civilisation.
Assurément, si nous étions réduits, pour connaître les persécutions, aux Actes des martyrs, le
1, Voir Origène, Contre Celse, III, 8.
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scepticisme pourrait se donner une libre carrière. La composition des Actes des martyrs devint, à une certaine époque, un genre de littérature religieuse, pour lequel on consulta bien, plus l'imagination et une certaine exaltation pieuse que des documents authentiques. Si Ton excepte la lettre relative à la mort de Polycarpe, celle qui contient le récit des souffrances des héros de Lyon, les Actes des martyrs d'Afrique et quelques autres récits empreints du caractère le plus sérieux, il faut avouer que les pièces de ce genre, qu'on a trop facilement qualifiées de sincères, ne sont que des romans pieux. Nous reconnaissons aussi que les historiens de l'empire, sur ce qui regarde les chrétiens comme sur tant d'autres points, sont singulièrement pauvres de détails. Les vrais documents concernant les persecutions que l'Eglise eut à souffrir sont les ouvrages qui composent la littérature chrétienne primitive. Ces ouvrages n'ont pas besoin d'être des auteurs auxquels on les attribue pour faire autorité dans une pareille question. Le goût pour les suppositions d'écrits de tout genre était si répandu à cette époque, qu'un très-grand nombre des livres qui nous ont été légués par les deux premiers siècles sont d'une attribution incertaine ; mais cela n'empêche pas que ces livres ne soient des miroirs exacts du temps où ils ont
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été composés. La première épitre attribuée à saint Pierre, l'Apocalypse de saint Jeau, le morceau qu'on appelle Épître de Barnabe, l'épître de Clément Romain, lors même qu'elle ne serait pas de lui, les épîtres totalement ou partiellement apocryphes de saint Ignace et de Polycarpe, les poèmes sibyllins qui appartiennent au i**" et au ii* siècle, toutes les pièces originales qui nous ont été conservées par Eusèbe sur les origines du montanîsme, les controverses des gnostiques et des montanistes sur le martyre, le Pasteur d'Hermas, les Apologies d'Aristide, de Quadralus, de saint Justin, de Tatien, d'Athénagore, révèlent à chaque page un état violent, qui pèse sur la pensée de l'écrivain, l'obsède en quelque sorte et ne lui laisse aucune appréciation juste de la situation.
De Néron à Commode, sauf de courts intervalles, on dirait que le chrétien vit en ayant toujours devant les yeux la perspective du supplice. Le martyre est la base de l'apologétique chrétienne. A entendre les controversistes du temps, il est le signe de la vérité du christianisme. L'Église orthodoxe seule a des martyrs* ; les sectes dissidentes, par exemple les montanistes, font d'ardents efforts pour prouver