‹ Saint Paul (volume 2)Chapitre 244 sur 358 · Iuv8(jp.6v âXXTÎXoiç àeî. Justin, A'pol, l · texte numérisé non relu

Iuv8(jp.6v âXXTÎXoiç àeî. Justin, A'pol, l

394 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An IM]

se mêler des affaires temporelles étaient amenés à délaisser la compagnie des saints et bientôt à les dédaigner, à rougir d'eux comme confrères, à entendre rire d'eux sans répondre. A demi morts pour la vie spirituelle, ils tombaient dans le doute. Devenaientils riches, ils faisaient bande à part, en vertu de ce principe que l'homme est amené presque nécessairement à faire sa société des personnes qui ont la même fortune que lui. Ils évitaient de rencontrer les serviteurs de Dieu, craignant que ceux-ci ne leur demandassent l'aumône. La compagnie des fidèles paraissait humble : on les quittait pour mener avec les gentils une vie plus brillante. Ces mondains n'abandonnaient pas Dieu, mais ils désertaient l'église ; ils gardaient la foi, mais cessaient de pratiquer. Quelques-uns faisaient pénitence et se livraient aux œuvres de charité; d'autres, emportés dans la compagnie des païens, leur devenaient semblables et s'abandonnaient aux plaisirs. Ce milieu équivoque ne les disposait guère au martyre. Au moindre bruit de persécution, ils faisaient semblant de revenir aux idoles, pour éviter d'être inquiétés.

Dans le sein même de l'Église, que d'imperfections * ! Tels fréquentaient assidûment l'assemblée,

i. Sim. IX, 26, etc.

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et ne cessaient pas d'être médisants, envieux, brouillons, hardis, présomptueux. Les disputes de préséance étaient fréquentes. La gestion des fonds de l'Église donnait lieu à des abus; certains diacres prenaient pour eux le bien des veuves et des orphelins. Enfin, les maîtres de doctrines étrangères pullulaient et séduisaient les fidèles. Placés comme des juges au milieu de toutes ces misères, les saints inclinaient tantôt à l'indulgence, tantôt à la rigueur. Ce qu'il y avait de grave, c'est que certains docteurs sectaires flattaient ceux qui avaient péché, dans des vues d'intérêt personnel. Ils leur vendaient en quelque sorte le relâchement, et, dans l'espérance d'être récompensés de leur casuistique % ils leur disaient qu'ils n'avaient pas besoin de pénitence, et que les pasteurs étaient des gens d'une sévérité exagérée.

Le fait est que, dans une pareille assemblée de saints, il n'y avait guère de place pour la tiédeur. Une piété exaltée portait à tout croire. La prophétie et les révélations fleurissaient comme aux plus beaux jours. Il en résultait de graves abus. Les prophètes individuels devenaient le fléau de l'Église. On allait les interroger sur l'avenir, même pour des affaires temporelles. Ces gens recevaient de l'argent et fai-

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