‹ Saint Paul (volume 2)Chapitre 268 sur 358 · Lucien, Alex · texte numérisé non relu

Lucien, Alex

notiquites, du temps d'Antonin et de Marc-Aurèle, portent une figure de serpent avec une tête d'homme chevelue et barbue ; au-dessous, le mot rATKûN. Les monnaies de la même ville, au type de Lucius Verus, portent le serpent et le nom de lûNonoAEiTON *. Sous Marc-Aurèle, nous verrons cette religion ridicule prendre une importance incroyable. Elle dura jusqu'à la deuxième moitié du m® siècle ^

Nerullinus, à Troas, réussit dans une entreprise frauduleuse du même genre ^ Sa statue rendait des oracles, guérissait les malades; on lui offrait des sacrifices, on la couronnait de fleurs. C'était surtout les idées absurdes sur la médecine, la croyance aux songes médicaux, aux oracles d'Esculape, etc.% qui maintenaient les esprits dans cet état de super-

1. Bibl. Nat., cabinet des médailles; Spon, Rech. cur. d'ant., p. 525 et suiv.; Spanheim, De prœst. num. vet. (I, p. 213 et suiv., 721, Londres, 1706); Eckhel, II, p. 383-384; Mionnet, t. II, p.387- 388; SuppL, t. IV, p. 550-551.

2. Le cabinet des médailles de la Bibl. Nat. possède des monnaies d'Ionopolis, portant le Glycon jusqu'au règne de Trebonianus Gallus (251-253) [Chabouiliet].

3. Athénagore, Leg,j 26. L'identification de ce personnage avec Suillius Nerullinus, consul Tan 50, et proconsul d'Asie vers îO (Waddington, p. 141-142; Orelli, 3389, 6445), est très-peu probable. Le nom se retrouve dans Renier, Inscr, ro?n, de l'Algérie, n° 2449.

4. Baronius, à l'an 139, § 4; Corpus inscr. gr,, n» 5980 (cl. 5974 et suiv.). Comp. Tatien, i^rfu. Gr,, 18.

[An 153J L'ÉGLISE CHRÉTIENNE. 431r

stition. On est confondu de voir Galien lui-même donner dans de pareilles folies \ Plus incroyable encore est la carrière de cet JElius Aristide, sophiste religieux, dévot païen, sorte d'évêque ou de saint, poussant le matérialisme pieux et la crédulité jusqu'aux dernières limites ; ce qui ne l'empêcha pas d'être un des hommes les plus admirés et les plus honorés de son siècle * . Seuls, les épicuriens repoussaient nettement ces sottises. Il y avait encore quelques gens d'esprit, comme Celse % Lucien *, Démonax % pour en rire. Bientôt il n'y en aura plus, et la crédulité régnera en maîtresse sur un monde abaissé. Le nom d'athée était un danger, mettait celui à qui on l'attribuait hors la loi, l'exposait même au supplice^; or on était

1. Il croit à Esculape et aux songes {De morb, diff,^ 9; De dignotione ex somn,, 0pp., Vf, 833, Kiihn). Marc-Aurèle n*a non plus là-dessus aucun doute. Pensées j I, 17 ; IX, 27.

2. Voir l'édition de ses œuvres par Dindorf, III, p. cxvi, etc.; Waddington, Mém.sur sa vie, dans les Mém, de VAcad. desinscr, et belles-lettres, t. XXVf, Impartie, p. 203 et suivantes.

3. Lucien, Alex.j 1, 17, 20, 21, 61; Origène, Contre Celse, I, 8,68-, II, 13, 60; III, 22, 35, 49, 80; IV, 36, 75; V, 3. Ailleurs (VIII, 45), Celse admet le surnaturel officiel. Ce point sera étudié dans notre livre VII.

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