‹ Saint Paul (volume 2)Chapitre 312 sur 358 · LES ÉVANGILES APOCRYPHES · texte numérisé non relu

LES ÉVANGILES APOCRYPHES

Si l'on excepte les apologistes, tels que Aristide, Quadratus, Justin, lesquels s'adressent aux païens, et les traditionnistes purs, tels que Papias, Hégésîppe, lesquels regardent la ré vélation nouvelle comme consistant essentiellement dans la parole de Jésus, presque tous les écrivains chrétiens de l'âge qui va finir ont la prétention d'augmenter ta liste des Ecritures sacrées, susceptibles d'être lues dans l'Eglise. Désespérant d'y réussir par leur autorité privée, ils se couvrent du nom de quelque apôtre ou de quelque personnage apostolique, et ne se font nul scrupule de s'attribuer l'inspiration dont jouirent indistinctement les disciples immédiats de Jésus. Cette veine de littérature apocryphe allait s'épuisant. Pseudo- Hermas ne réussit qu'à demi. Nous verrons les Reconnaissances de pseudo-Clément et les prétendues

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Constitutions des douze apôtres * également frappées de suspicion sous le rapport de la canonicité. Les nombreux Actes d'apôtres qui naissaient de toutes parts n'avaient que des succès partiels. Aucune apocalypse n'arrivait plus à remuer sérieusement les masses. Le succès dans les lectures publiques, tel avait été jusque-là le critérium de la canonicité. Une Église admettait tel écrit supposé d'un apôtre ou d'un personnage apostolique à la lecture en commun. Les fidèles sortaient édifiés; le bruit se répandait dans les Eglises voisines qu'une très-belle commu- / nication avait été faite dans telle communauté, tel jour; on désirait voir l'écrit nouveau, et ainsi, de proche en proche, cet écrit se faisait accepter, à moins qu'il ne renfermât quelque grosse pierre d'achoppement. Mais, avec le temps, on devenait difficile, et des fortunes comme celles qu'avaient eues les épîtres à Tite et à Timothée, la seconde épître de Pierre, ne se renouvelaient plus * .

La fécondité évangélique était en réalité épuisée : l'âge de la grande création légendaire était passé, on n'inventait plus rien d'important ; le succès de pseudo-

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