Voir notre livre VII
2. Voir, dans Eus., IV, xxii, 8, le jugement d'Hégésippe sur tous ces écrits apocryphes, dont il voit bien le caractère hérétique.
[An 160] L'ÉGLISE CHRÉTIENNE. 497
Jean avait été le dernier. Mais la liberté du remaniement restait assez large encore, au moins hors des Églises de saint Paul. Quoique les quatre textes devenus plus tard canoniques eussent déjà une vogue particulière, ils étaient loin d'exclure les textes parailèles. L'Evangile des Hébreux gardait toute son autorité. Justin et Tatien s'en servaient probablement. L'auteur des épîtres de saint Ignace (deuxième moitié du 11^ siècle) le cite comme texte canonique et reçu *. Aucun texte en réalité n'épuisait la tradition et ne supprimait ses rivaux. Les livres étaient rares et mal gardés. Denys de Corinthe % à la fin du II® siècle , parle des falsificateurs des « Ecritures du Seigneur ^ » , ce qui suppose que les retouches continuèrent plus de cent ans après la rédaction de notre Matthieu. De là cette forme indécise des paroles de Jésus qui se remarque chez les Pères apostoliques*.
4 . Ad* Smyrn., 3, en comparant saint Jérôme, De viris ilL, c. 46. Cf. Cérygme de Pierre et Paul^ddius Origène, De princ, I, proœm., c. 8. Eusèbe (H» E,, III, xxv, 5) et Nicéphore (Gredner, Gesch. des neuiesU Kanon, p. 243) le placent parmi les àvTiXEpfxeva. Pour Tatien, voir Epiph., haer. xlvi, 4. Cf. Hilgenfeld, Nov. Test, extra can, rec,,, IV, p. 34 .