Eusèbe, //. E., III, xxv, 6; Décret de-Gélase; Épiphane
522 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 160]
l'orthodoxie les adoptait, en leur faisant subir quelques corrections *. Ces hérétiques étaient gens trèspieux, en même temps que très-imaginatifs. Après qu'on les avait anathématisés, on trouvait leurs livres édifiants, et on s^efforçait de les approprier à. la lecture pieuse. C'est ainsi que beaucoup de livres, beaucoup de saints, beaucoup de fêtes de l'Eglise orthodoxe sont de provenance hérétique. Le quatrième Évangile était à cet égard le plus frappant des exemples. Ce livre singulier faisait prodigieusement son chemin. On le lisait de plus en plus, et, à part certaines Eglises d'Asie, qui connaissaient trop bien son origine*, tous l'embrassaient avec admiration comme l'ouvrage de l'apôtre Jean\
Les faux Actes des apôtres n'ont pas plus d'ori-
ginalité que les Evangiles apocryphes. Dans cet ordre, également, la fantaisie individuelle ne réussissait plus guère à s'imposer. On le vit bien dans ce
haer. xlvii, 4 ; lxi, \ ; lxiu, 2 ; Philastre, haer. 88 ; saint Augustin, De aclis cum FeL manich., II, 6; Contra adv. legiSj I, 20 ; Photius, /. c. et cod. clxxix.
^, Cf. Tischendorf, op, cit., p. x, xxi, xu; pseudo-Mellitus, l» c; pseudo-Méliton, De transitUj init.; Synopse de pseudo- Ath., Credner, p. 249-250.