‹ Saint Paul (volume 2)Chapitre 52 sur 358 · Eus., H. E., m · texte numérisé non relu

Eus., H. E., m

[An 126] L'ÉGLISE CHRÉTIEIVNE: 81

ces tombeaux à Tapôtre eW^'autre au Preshytéros. Nous ne saurons jamais le secret de ces combinaw'^^ sons bizarres où l'histoire, la légende, la fable et, jusqu'à un certain point, la fraude |jieuse se sont combinées dans des proportions aujourd'hui impossibles à discerner. Un éphésien, nommé Polycrate, , qui sera un jour, avec toute sa famille, le centw'du christianisme asiate, se convertissait l'an 131.; pr ce Polycrate admettait pleinement la tradition psrodojohannîque, e]t, dans sa vieillesse, la citait avec une confiance absolue*. >

De l'aveu de tous, le dernier chapitre du quatrième-^ ' Évangile est un appendice ajouté postérieurement à l'ouvrage ; mais il se peut qu'il ait été ajouté par l'auteur même de l'Evangile^; la provenance du moins est bien la même. On a voulu compléter par un trait touchant ce qui concernait les rapports de Pierre et de Jean. L'auteur de ces lignes se montre grand partisan de Pierre, et s'attache à rendre hommage au rang de pasteur suprême qu*on lui attribuait à des degrés divers. Il tient aussi à expliquer le système qui avait prévalu sur la longue vie de Jean, et

4. Polycrate, dans Eus., iï. E^, V, xxiv, 3, 7, 8, lettre écrite en 496.

2. La scène xxi, 15-19, n'est que le développement de xui, 36-38.

82 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 126]

à montrer comment le vieil apôtre a pu mourir sans que l'édifice des promesses de Jésus et des espérances ^chrétiennes s'écroule pour cela. On commençait à craindre que le privilège sans égal de ceux qui avaient vu le Verbe de vie ne décourageât les générations ultérieures ; déjà on rattachait à uue anecdote évangélique ce mot profond que l'on prêtait à Jésus : « Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru M »

Par les écrits johançiques commence l'ère de la philosophie chrétienne et des spéculations abstraites, auxquelles on avait jusque-là accordé peu de place. En même temps, l'intolérance dogmatique s'accroît déplorablement ^ Le seul fait de saluer l'hérétique est présenté comme un acte de communion avec lui ^ Que nous sommes loin de Jésus ! Jésus voulait qu'on souhaitât la paix à tout le monde *. au risque de saluer des indignes, à l'imitation du Père céleste, qui voit tout du même œil paternel. Et maintenant, on veut créer une obligation nouvelle, c'est, avant de saluer quelqu'un, de s'informer de ses opinions.

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