‹ Saint Paul (volume 2)Chapitre 8 sur 358 · Spartien, Adr.j · texte numérisé non relu

Spartien, Adr.j

3. Curiositatum omnium explorator. Tertullien, Apol.^ 5. Cf.Sparlien, Adr,, 4, U, i 5, 16, 19, 20; Dion Cassius, LXIX, 3; Eusèbe, Chron,, années \ et suiv. d'Adrien.

4. Dion Cassius, LXIX, 3, 4; Aurelius Victor, Epit.j xiv, 2; Julien, Cϑ,, p. 24, Spanh.

[An 117] L'ÉGLISE CHRÉTIENNE. 5

l'architecture était étonnante, et il faisait de jolis vers; mais son goût n'était pas pur; il avait ses auteurs favoris, des préférences singulières. En somme, petit littérateur, architecte théâtral. Il n'adopta aucune religion ni aucune philosophie; mais il n'en niait aucune. Son esprit distingué se balança toujours comme une girouette amusée à tous les vents ; l'élégant adieu à la vie qu'il murmura quelques moments avant sa mort,

Animula vagula, blandula,...

donne sa mesure. Toute recherche aboutissait pour lui à une plaisanterie, toute curiosité à un sourire. Même la souveraineté ne le rendit qu'à demi sérieux; sa tenue avait l'aisance et l'abandon de l'homme le plus « ondoyant et divers » qui fut jamais * .

Cela le fit tolérant. Il ne retira pas les lois restrictives qui frappaient indirectement le christianisme et le mettaient en perpétuelle contravention ; il les laissa plus d'une fois appliquer; mais personnellement il en atténua l'effet ^ Sous ce rapport, il fut

1. Semper in omnibus varius. Spartien, Adf,, 14. Cf. Fronton, EpisL ad M, Aur, de ferm Als., 3 (Naber, p. 216).

2. Méliton, dans Eus., H. E., IV, xxvi, 7, iO; Tertullien, Apol., 5; S. Jér., De viris ilL, 19.

6 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 118J

supérieur à Trajan, qui, sans être philosophe, avait une doctrine d'Etat tout à fait arrêtée, et à Antonîn et Marc-Aurèle, honimes à principes, qui crurentbîen faire en persécutant. Les mauvaises mœurs d'Adrien eurent sous ce rapport un bon effet. C'est le propre de la monarchie que les défauts des souverains servent au bien public encore plus que leurs qualités. La légèreté d'un rieur spirituel, d'un Lucien couronné, prenant le monde comme un jeu frivole, fut plus favorable à la liberté que la gravité sérieuse et la haute moralité d'empereurs accomplis.

Le premier soin d'Adrien fut de liquider la succession difficile que lui laissait Trajan. Adrien était un écrivain militaire distingué, non un capitaine. L'impossibilité de garder les provinces nouvellement conquises, l'Arménie, la Mésopotamie, l'Assyrie, s'était clairement révélée à lui. Il y renonça. C'était sûrement une heure solennelle que celle où, pour la première fois, les aigles reculaient et où l'empire reconnaissait avoir dépassé son programme ; mais c'était de la sagesse. La Perse, comme la Germanie, était pour Rome l'inaccessible. Les grandes expédî- , tiens dirigées de ce côté, celles de Crassus, de Trajan, de Julien, échouèrent, tandis que les expéditions d'un dessein plus limité, celles de Lucius Verus, de Septime Sévère, dont le but était non d'attaquer à fond l'em-

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pire parthe, mais d'en détacher les provinces feudataires rapprochées de l'empire romain, atteignirent leur but» La difficulté d'un abandon aussi humiliant pour la fierté romaine était doublée par l'incertitude qui pesait sur l'adoption d'Adrien par Trajan. Lusîus Quietus et Marcius Turbo tiraient de l'importance des dernières commissions qu'ils avaient remplies un titre presque égal au sien. Quietus fut tué% et on peut supposer que, toujours attentifs à épier la mort de leurs ennemis, pour y trouver une marque de la vengeance céleste, les Juifs virent dans cette fin tragique un châtiment du mal que le farouche berbère leur avait fait * .

Adrien mit un an à revenir à Rome, inaugurant tout d'abord ces habitudes voyageuses qui devaient faire de son règne une perpétuelle course d'amateur à travers les provinces de l'empire ^ Après une autre

i. Spartien, ^rfr., 5,6, 7, 9, 45; Dion Cassius, LXIX, 2 ; Thémistius, orat. xvi, p. 205 (Grat, aet. ad Theod, Aug,) ; Ammien Marcellin, XXIX, 5. C'est à tort que Gavedoni a supposé le nom de Quietus effacé dans l'inscription 4646 du Corpus grec. Voir Waddington, Inscr. de Syrie, u? 2305.

2. V. les Évangiles, p. 510, 543, 544. Selon certains critiques, Lusius Quietus serait l'Holopherne du livre de Judith. — Pour la légende de Julianus et Pappus, voir la glose sur Megillath Taanilh, S 29 (avec les explications de MM. Graelz et Derenbourg).

3. Nous adoptons, pour la chronologie de ces voyages, le système de M. Noël Desvergers {Biogr, génér., ditt. Adrien), con-

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année consacrée aux soucis les plus graves de l'administration, et fertile en réformes constitutionnelles, il partit pour une tournée qui lui fit visiter successivement la Gaule, les bords du Rhin, la Bretagne, l'Espagne, la Mauritanie, Carthage. Sa vanité et ses goûts d'antiquaire lui faisaient rêver le rôle de fondateur de ville et de restaurateur des souvenirs antiques. 11 n'aimait pas, d'ailleurs, pour les soldats, l'oisiveté des garnisons, et il voyait dans les grands travaux publics une manière de les occuper. De là ces innombrables constructions qui datent du " règne d'Adrien, routes, ports, théâtres, temples. Il était entouré d'une nuée d'architectes, d'ingénieurs, d'artistes, enrégimentés comme une légion*. Tout semblait renaître dans les provinces où il portait ses pas; tout était remis à neuf*. A l'instigation de l'empereur, de vastes sociétés par souscription se formaient pour les grands travaux ; l'État, d'ordinaire,

forme à peu près à celui de Tabbé Greppo [Mém, sur les voy, de l'emp. Adrien. Paris, 4842). Cf. Eckhel, VI, p. 480 et suiv.

4. Aurélius Victor, Epit., c. 44; Chron. d'Alex., à Tan 423. Cf. Letronne, Inscr. d'Egypte, n* 46.

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