‹ Saint Paul (volume 2)Chapitre 7 sur 358 · Aurélius Victor, Epit · texte numérisé non relu

Aurélius Victor, Epit

[An 117] L'ÉGLISE CHRÉTIENNE. a

dans l'histoire du droit romain. Jusqu'à lui, la maison du prince avait été la maison du premier personnage de l'État, une maison comme une autre, composée de domestiques, d'affranchis, de secrétaires privés. Adrien organisa le palais : pour arriver aux offices palatins, il fallut désormais être chevalier; les domestiques de la maison de César devinrent des fonctionnaires. Un conseil permanent du prince, composé surtout de jurisconsultes*, prend des attributions définies ; les sénateurs spécialement attachés au gouvernement sont déjà des comités (comtes) ; tout se fait par des bureaux, à la formation desquels le sénat prend sa part, et non par la volonté directe du prince. C'est toujours le despotisme, mais un despotisme analogue à celui de l'ancienne royauté française, tempéré par des conseils, des cours et des magistrats indépendants. — Les améliorations sociales sont plus importantes encore. Un bon et grand esprit de vrai libéralisme et d'humanité se manifeste en tout; la position de l'esclave reçoit des garanties; la condition de la femme s'élève; les excès de l'autorité paternelle sont limités; ce qui restait de sacrifices humains est supprimé*. Le caractère personnel de

i. Spartien, Adr., i8, 22.

2. Paul, Sentent., III, 5; Dig., I, v, 18; vi, 2; Gaïus, Instil.j, comm. I, ii5; Ulpien, Fragm. xxvi, 8; Spartien, Adr,, 18.

4 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 117]

l'empereur répondait à ce qu'il y avait d'excellent dans ces réformes. Adrien se montrait avec les humbles d'une affabilité charmante, et ne pouvait souffrir que, sous prétexte de majesté, on lui enlevât son plaisir suprême, le droit d'être aimable*.

C'était, malgré tous ses défauts, un esprit vif, ouvert, original. Il aima Epictète* et le comprit, certes sans s'obliger à suivre ses maximes. Rien ne lui échappait; il voulait tout savoir. Dégagé de cette morgue et de ce parti pris qui rendaient le vrai Romain si fermé à la connaissance du reste du monde, Adrien avait du goût pour les choses exotiques^; il s'y plaisait, s'en moquait avec esprit. L'Orient surtout l'attirait. Il en voyait les impostures, le charlatanisme, et s'en amusait. Il se faisait initier à toutes les bizarreries, fabriquait lui-même des oracles, composait des antidotes et se raillait de la médecine. Comme Néron, ce fut un lettré, un artiste, sur le trône*. Sa facilité pour la peinture, la sculpture,

4 . In conloquiis humillimorum civilissimus fuit^ detestaus eos qui sibi banc voluptatem bumanitatis inviderent. Spartien, Adr.jtO,

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