Cf. Juvénal, ni, U; vi
3. Orose,VI, 18, 20; Petit martyrologe romain (édit. Rosweyde), au 9 juillet. Voir Forcellini, au mot merilorius.
' 4. La tradition romaine veut que l'église Sainte-Marie du Transtévère ait succédé à la Taherna.Yolr Nardini, Roma anlica^ III, .336-337; Platner et Bunsen, III, 3* partie, p. 659-660.
en contestation pour un certain lieu qui autrefois avait é*é public, et que ce bon empereur fit adjuger aux c'iirétiens^ On sent qu'on est ici sur le sol natal d'un vieux christianisme populaire. Claude, vers ce temps, frappé du « progrès des superstitions étrangères », avait cru faire un acte de bonne politique conservatrice en rétablissant les aruspices. Dans un rapport fait au sénat, il s'était plaint de l'indifférence du temps pour les anciens usages de l'Italie et les bonnes disciplines. Le sénat avait invité les pontifes à voir celles qu'on pourrait rétablir de ces vieilles pratiques. Tout allait bien, par conséquent, et l'on croyait ces respectables impostures sauvées pour l'éternité.
La grosse affaire du moment était l'arrivée d'Agrippine au pouvoir, l'adoption de Néron par Claude et sa fortune toujours croissante. Nul ne pensait au pauvre juif qui prononçait pour la première fois le nom de Christus dans la colonie syrienne, et communiquait la foi qui le rendait heureux à ses compagnons de chambrée. D'autres survinrent bientôt; des lettres de Syrie, apportées par les nouveaux arrivants,
1. Larapride, Vie d'Alex. Sév., 40. Rapprochez Anastase le Bibl., Vilœ Ponlif. rom., xvii (édit. de Bianchini), en tenant compte des observations de Platner.
110 OniGINES DU CHRISTIANISMF:. [An 51]
parlaient du mouvement qui grandissait sans cesse. Un petit groupe se forma. Tout ce monde sentait l'ail*; ces ancêtres des prélats romains étaient de pauvres prolétaires, sales, sans distinction, sans manières, vêtus de fétides souquenilles, ayant l'haleine mauvaise des gens qui mangent maP. Leurs réduits présentaient cette odeur de misère qu'exhalent des personnes vêtues et nourries grossièrement, réunies dans une chambre étroite ^ On fut bientôt assez nombreux pour parler haut; on prêcha dans le ghetto; les juifs orthodoxes résistèrent. Que des scènes tumultueuses se soient produites alors, que ces scènes se soient renouvelées plusieurs soirs de suite, que la police romaine soit intervenue, que, peu soucieuse de savoir de quoi il s'agissait, elle ait adressé son rapport à l'autorité supérieure et mis les troubles sur le compte d'un certain Chrestus, dont on n'avait pu se saisir, que l'expulsion des agitateurs ait été décidée, il n'y a rien dans cela que de très-plausible. Le passage de Suétone et plus encore celui des Actes sembleraient impliquer que tous les juifs furent chassés à cette occasion; mais cela n'est pas à sup-
\. Fœtentesjudœi. Ammien Marcellin, XXII, 5, 2. Voir les Apôtres, p. 290 et suiv.
%. Juvénal, m, -14-, Martial, IV, iv, 7,
(An 51] SAINT PAUL. M\
poser. II est vraisemblable que les chrétiens, les partisans du séditieux Ghrestus , furent seuls expulsés. Claude, en général, était favorable aux juifs, et il n'est même pas impossible que l'expulsion des chrétiens dont nous venons de parler ait eu lieu à l'instigation des juifs, des Hérodes par exemple. Ces expulsions, d'ailleurs, n'étaient jamais que temporaires et conditionnelles ^ Le flot un moment arrêté revenait toujours*. La mesure de Claude eut, en tout cas, peu de conséquence; car Josèphe n'en parle pas, et, en Tan 58, Rome avait déjà une nouvelle Église chrétienne ^
Les fondateurs de cette première Église de Rome, détruite par l'arrêté de Claude, sont inconnus. Mais nous savons les noms de deux juifs qui furent exilés à la suite des émeutes de la porta Portese. C'était un couple pieux composé d'Aquila, juif originaire du Pont, professant le même métier que saint Paul, celui de tapissier*, et de Priscille sa femme. Ils se