Voir Suétone, Tib.j
2. Dion Cassius, XXXVII, 47. Comparez Tacite, Ann., XII, 52; Hist.j I, 22.
3. C'est la date de l'Épître aux Romains. Cf. ^c^, xxviu, <3 et guiv
4. Act.fWiih 2, 3. L'expression touîaiov ne prouve nullemeijt qu'il ne fût pas chrétien. Comparez, par exemple, Gai., ii, d3.
112 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 5IJ
réfugièrent à Corinthe, où bientôt nous allons les voir en rapport avec saint Paul, dont ils deviendront les amis intimes et les collaborateurs zélés. Aquila et Priscille sont ainsi les deux plus anciens membres connus de l'Église de Rome^ Ils y ont à peine un souvenir M La légende, toujours injuste, car toujours elle est dominée par les motifs politiques, a chassé du panthéon chrétien ces deux obscurs ouvriers, pour attribuer l'honneur de la fondation de l'Eglise de Rome à un nom plus illustre, répondant mieux aux orgueilleuses prétentions de domination universelle que la capitale de l'empire, devenue chrétienne
1. Les Actes (xviii, 2) ne disent pas, il est vrai, qu'ils fussent chrétiens quand saint Paul les rencontra. Mais ils ne disent pas non plus que Paul les ait convertis, et le contraire paraît plutôt résulter du récit canonique. Il semble bien que l'édit de Claude s'appliqua à ceux-là seuls qui avaient pris part aux rixes; or, est-il admissible que ce couple apostolique ait fait partie des adversaires de « Clirestus « ? Impossible qu'ils fussent devenus chrétiens à Corinthe : ils venaient d'y arriver quand Paul les rencontra, et d'ailleurs il n'y avait pas d'Église à Corinthe avant l'arrivée de Paul (I Cor., m, 6-10; iv, 14, 15; ix, 1,2; II Cor., XI, 2, etc.
2. L'attribution de l'ancien « titre de sainte Prisque», sur l'Aventin, à Priscille, femme d'Aquila, est le résultat d'une confu- ,«ion. V. de Rossi [Bull, di arch. crist., 1867, p. 44 et suiv.), qui ne réussit à faire remonter cette identification que jusqu'au vin* siècle.
[An 51J SAINT PAUL. IIJ
ne put abdiquer. Pour nous, ce n'est pas à la basilique théâtrale que l'on a consacrée à saint Pierre, c'est à la poiia Portese, ce ghetto antique , que nous voyons vraiment le point d'origine du christianisme occidental. Ce seraient les traces de ces pauvres juifs vagabonds, qui apportaient avec eux la religion du monde, de ces hommes de peine rêvant dans leur misère le royaume de Dieu, qu'il faudrait retrouver et baiser. Nous ne contestons pas à Rome son titre essentiel : Rome fut probablement le premier point du monde occidental et même de l'Europe où le christianisme s'établit. Mais, au lieu de ces basiliques altières, au lieu de ces devises insultantes : Christus vincit, Chris tus régnât, Chris tus imperat, ^fTîl vaudrait mieux élever une pauvre chapelle aux deux bons juifs du Pont qui furent chassés par la police de Claude pour avoir été du parti de Ghrestus !
Après l'Eglise de Rome (si même elle ne fut pas antérieure), la plus ancienne Église de l'Occident fut celle de Pouzzoles. Saint Paul y trouve des chrétiens vers l'an 61 ^ Pouzzoles était en quelque sorte le port de Rome'; c'était au moins le lieu de débar-