CHAPITRE V
Deuxième voyage de saint paul. — nouveau séjour en galatie.
A peine retourné à Antioche , Paul se mit à former de nouveaux projets. Son âme ardente ne pouvait supporter le repos. D'une part, il songeait à élargir le champ assez étroit de sa première mission. D'une autre part, le désir de revoir ses chères Eglises de Galatie, pour les confirmer en la M\ le travaillait incessamment. La tendresse , dont cette nature étrange paraissait à quelques égards dépourvue, s'était transformée en une faculté puissante d'aimer les communautés qu'il avait fondées. Il avait pour ses Eglises les sentiments que l-es
1. La TvpcaxapTc'prat? ou confirmation des prosélytes (vr.yez Schleusner, aux mots orr/ipt^w, et èTnatïipîCw) était aussi une des préoccupations des juifs. Voir Antiq. du Bosph. cimm., II, inscr. 22.
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autres hommes ont pour ce qu'ils affectionnent le plus\ C'était là un don spécial des Juifs. L'esprit d'association qui les remplissait leur faisait donner à l'esprit de famille des applications toutes nouvelles. La synagogue, l'église, étaient alors ce que le couvent sera au moyen âge , la maison aimée , le foyer des grandes affections, le toit où l'on abrite ce que l'on a de plus cher.
Paul communiqua son dessein à Barnabe. Mais l'amitié des deux apôtres, qui jusque-là avait résisté aux plus fortes épreuves, qu'aucune susceptibilité d'amour-propre, aucun travers de caractère n'avait pu diminuer, reçut cette fois une atteinte cruelle* Barnabe proposa à Paul d'emmener Jean-Marc avec eux; Paul s'emporta. Il ne pardonnait point à Jean-Marc d'avoir abandonné la première mission à Perge, au moment où elle entrait dans la partie la plus périlleuse du voyage. L'homme qui avait une fois refusé d'aller à l'ouvrage lui paraissait indigne d'être enrôlé de nouveau. Barnabe défendait son cousin , dont il est probable , en effet , que Paul jugeait les intentions avec trop de sévérité. La querelle en vint à beaucoup de vivacité ; il fut impossible de s'entendre ^ Cette vieille amitié, qui avait