Col., IV, 10-H
8. Ad., XVII, 5 etsuiv.; I Thess., i, 6; ii, 2, 14 et suiv., in, 4.
162 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 5^
des troubles. Ils recrutèrent une bande d'oisifs , de vagabonds, de ces badauds de toute sorte qui, dans les villes antiques, passaient le jour et la nuit sous les colonnes des basiliques , prêts à faire du bruit pour qui les payait. Tous ensemble allèrent assaillir la maison de Jason. On demanda Paul et Silas à grands cris ; comme on ne les trouva pas , les émeueiers garrottèrent Jason , avec lui quelques-uns des fidèles, et les menèrent aux politarques * ou magistrats. On entendait les cris les plus confus : « Les révolutionnaires sont dans la ville, disaient les uns, et Jason les a reçus. » — « Tous ces gens-là, disaient d'autres , sont en révolte contre les édits de l'empereur. » — « Ils ont un roi qu'ils appellent Jésus, » disait un troisième. Le trouble était grand, et les politarques n'étaient pas sans crainte. Us forcèrent Jason et les fidèles qui avaient été arrêtés avec lui à donner caution, et les renvoyèrent. La nuit suivante, les frères menèrent Paul et Silas hors de la ville, et les firent conduire à Bérée ^ Les vexations des juifs continuèrent contre la petite Église, mais ne firent que la consolider'.
^5. Comp. l'inscription de Tliessalonique , Corp. i. gr., n" 1967. S. Existe encore aujourd'iuii sous son nom {Véria ou Kara- Verria). Cf. Cousinéry, 1 , 57 et suiv.; Leake, III, 290 et suiv a. l Thcié., 11, 14; m, 3, 5; Il Theds., i, 4 et suiv.
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Les juifs de Bérée étaient plus libéraux et mieux élevés que ceux de Thessalonique \ Ils écoutèrent volontiers, et laissèrent Paul exposer tranquillement ses idées à la synagogue. Pendant plusieurs jours, ce fut chez eux un vif accès de curiosité. Ils passaient le temps à feuilleter les Écritures pour y trouver les textes cités par Paul , et voir s'ils étaient exacts. Beaucoup se convertirent, entre autres un certain juif nommé Sopatros ou Sosipatros, fils de Pyrrhus*. Ici néanmoins, comme dans toutes les autres Églises de la Macédoine, les femmes furent en majorité. Les converties appartenaient toutes à la race grecque , à cette classe de dévotes personnes qui, sans être juives, pratiquaient les cérémonies du judaïsme. Beaucoup de Grecs et de prosélytes se convertirent aussi, et la synagogue par exception resta paisible. L'orage vint de Thessalonique. Les juifs de cette ville, ayant appris que Paul avait prêché avec succès à Bérée, vinrent dans cette dernière ville , et y renouvelèrent leur manœuvre. Paul fut encore obligé de partir à la hâte et sans emmener Silas. Plusieurs des frères de Bérée l'accompagnèrent pour le conduire.
L'éveil était tellement donné dans les synagogues