Notez (j/eu^'tovûf/.cu pû(T£w;. I Tim., vi
2. Comp. I Tim., i, 4; iv, 7; H Tim., ii, 23; Tit., m, 9; — I Tim., III, 2 ; Tit., i, 7 ; — I Tim., iv, 1 et suiv. ; II Tim., III, i et suiv. ; — I Tim., ii, 7; II Tim., i, 11. Notez l'analogie de l'entrée en matière, I Tira., i, 3, et Tit., i, 5.
3. II Tim., i, 3 (Rom., i, 9), 7 (Rom., viii, 15); ii, 20 (Rom., IX, 21) ; IV, 6 (Phil., i, 30; ii, 17; m, 12 et .suiv.).
4. Remarquez que Timothée est jeune dans les deux épîtres qui lui sont adressées l Tim., iv, 42; II Tim., ii, 22.
n'y a qu'une hypothèse possible , c'est de supposer qu'elles ont été écrites en un espace de temps assez court, et longtemps après les autres, à une époque ou toutes les circonstances qui entouraient l'apôtre étaient changées, où il avait vieilli, où ses idées et son style s'étaient modifiés. Certainement on réussirait à prouver la possibilité d'une telle hypothèse, qu'on n'aurait pas résolu la question. Le style d'un homme peut changer; mais, du style le plus frappant et le plus inimitable qui fut jamais, on ne passe pas à un style prolixe et sans vigueur*. En tout cas, une telle hypothèse est formellement exclue par ce que nous savons de plus certain sur la vie de Paul. Nous allons en fournir la démonstration.
La première épître à Timothée est celle qui offre le moins de traits particuliers, et cependant, fùt-clle seule, on ne pourrait encore lui trouver une place dans la vie de saint Paul. Paul, quand il est censé écrire cette épître, a quitté Timothée depuis peu de temps, puisqu'il ne lui a pas écrit depuis son départ (i, 3) . L'apôtre a quitté Timothée à Éphcse. Paul à ce moment partait pour la Macédoine; n'ayant pas le temps de combattre les erreurs qui commençaient
1 . Lamennais sûrement changea beaucoup ; son style néaiiraolns garda toujours la plus parfaite unité.
liNTIlODUCTlON. xxix
à se répandre dans Éphèse, et dont les chefs étaient Hyménee et Alexandre (i, 20); Paul a laissé Timothée afin de ccml^attre ces erreurs. Le voyage que fait saint Paul sera de courte durée; il compte revenir bientôt à Éphèse (m, l/i-15; iv, 13).
Deux hypothèses ont été proposées pour faire rentrer cette épître dans la contexture de la vie de Paul telle qu'elle est fournie par les Actes et confirmée par les épîtres certaines. Selon les uns , le voyage d' Ephèse en Macédoine qui a séparé Paul et Timothée est celui qui est raconté dans les Actes j XX, i. Ce voyage a lieu dans la troisième mission. Paul est resté trois ans à Ephèse. Il part pour revoir ses Eglises de Macédoine, puis celles d'Achaïe. C'est, dit-on, de Macédoine ou d'Achaïc qu'il écrit au disciple qu'il a laissé à Éphèse avec ses pleins pouvoirs. Cette hypothèse est inadmissible. D'abord les Actes nous apprennent (xix,'22) que Timothée avait devancé son maître en Macédoine, où en effet saint Paul le rejoint (II Cor., 1,1). Et puis est -il vraisemblable que, presque au lendemain de son départ d' Ephèse, Paul ait du faire à son disciple les recommandations que nous lisons dans la première à Timothée? Les erreurs qu'il lui signale, lui-même avait pu les combattre. Le tour du verset I Tim., i, 3, ne convient nulle-
ïxx SAINT PAUL.
ment à un homme qui est parti d'Éphèse aprèi. an long séjour. En outre, Paul annonce l'intention de revenir à Éphèse (m, ik; iv, 13); or Paul, en quittant Ephèse, avait l'intention arrêtée d'aller à Jérusalem sans repasser par Éphèse (Act.^ xix, 21; XX, 1, 3, 16; I Cor., XVI, 4; II Cor., i, 16^). Ajoutons que, si l'on suppose l'épître écrite à ce moment, tout y est gauche; le défaut des lettres apocryphes, qui est de ne rien apprendre de précis, l'auteur exposant à son correspondant fictif des choses au courant desquelles celui-ci devrait être, un tel défaut, dis -je, y est porté jusqu'à la nausée. Pour éviter cette difficulté et surtout pour expliquer l'intention annoncée par Paul de revenir à Éphèse, on a eu recours à un autre système. On a supposé que le voyage de Macédoine du verset I Tim., I, 3, est un voyage, non raconté par les Actes, que '^aul aurait fait durant ses trois ans de séjour à Ephèse. Il est certes permis de croire que Paul ne fut pas tout ce temps sédentaire. On suppose donc qu'il fit une tournée dans l'Archipel, et par là,
1. Voir ci-dessous, p. 419 et suiv. II n'y a pas do moment de la vie de Paul oi!i nous sachions mieux ses plans de voyage. Paul, il est vrai, modifia plusieurs fois son itinéraire; mais il ne varia jamais dans son intention de ne pas repasser par Éphèse; et cela est tout simple : il venait d'y passer trois ans.
INTRODUCTION. xxx»
du même coup, on crée un anneau pour rattachei l'épître à Tite d'une façon plus ou moins plausible à la vie de Paul. Nous ne nions pas la possibilité d'un tel voyage , quoique le silence des Actes soit bien une difficulté; mais nous nions qu'on sorte par la des embarras que présente la première à ïimothée. Dans cette hypothèse, on comprend moins encore que dans la première le tour du verset i, o. Pourquoi dire à Timothée ce qu'il sait bien? Paul vient de passer un ou deux ans à Éphèse; il y reviendra bientôt. Que signifient ces erreurs qu'il découvre tout à coup au moment du départ et pour lesquelles il laisse Timothée à Ephèse? Dans ladite hypothèse, d'ailleurs, la première à Timothée aurait été écrite vers la même époque que les grandes épîtres authentiques de Paul. Quoi! c'est au lendemain de l'épître aux Galates et à la veille des épîtres aux Corinthiens que Paul aurait écrit une aussi molle ampHfication ? II aurait quitté son style habituel en sortant d'Ephèse ; il l'aurait retrouvé en y rentrant, pour écrire les lettres aux Corinthiens, sauf, quelques années après, à reprendre le style du prétendu voyage pour écrire au même Timothée ! La deuxième à Timothée, de l'aveu de tout le monde, ne peut avoir été écrite avant l'arrivée de Paul prisouuier à Rome. Donc, il se serait écoulé plusieurs
années entre la première à Timothée et celle à Tite d'une part, et la deuxième à Timothée d'autre part. Cela ne se peut. Les trois écrits se copient l'un l'autre ; or, comment supposer qu'à cinq ou six ans d'intervalle, Paul, écrivant à un ami, fasse des emprunts à de vieilles lettres? Est-ce là un procédé digne de ce maître en l'art épistolaire, si ardent, si riche en idées? La seconde hypothèse, comme la première , est donc un tissu d'invraisemblances. Le verset I Tim., i, 3, est un cercle d'où l'apologiste ne peut sortir ; ce verset crée une impossibilité dans la biographie de saint Paul. Il faudrait trouver une circonstance où Paul allant en Macédoine n'aurait fait que toucher à Éplièse; cette circonstance n'existe pas dans la vie de saint Paul avant sa prison. Ajoutons que, quand Paul est censé écrire l'épître en question, l'Église d'Ephèse possède une organisation complète, des anciens, des diacres, des diaconesses ^ ; cette Église offre même les ohénomènes ordinaires d'une communauté déjà vieille, des schismes, des erreurs*; rien de tout cela ne convient aux temps de la troisième mission ^ Si la première a