‹ Saint PaulChapitre 13 sur 417 · Kj.t ûu.ai; (vi, 21) s'explique bien alors · texte numérisé non relu

Kj.t ûu.ai; (vi, 21) s'explique bien alors

2. L'absence du nom de Timothée dans la suscription deTépître aux Ephésiens, tandis que ce nom se trouve dans la suscription de

'épître aux Colossiens, ainsi que dans les suscriptions des épîtres 8UX Philippiens et à Philémon, confirmerait cette supposition.

3. Origène fait une hypothèse analogue pour expliquer les jxirlicularités de l'épître aux Hébreux. Dans Eu&èbe, //. E.» VI, 23,

passage Col., iv, 16, montre que saint Paul faisait quelquefois porter ses lettres d'une Église à une autre. Nous verrons bientôt qu'une pareille hypothèse doit être faite pour expliquer certaines particularités de l'épître aux Romains. Il semble que, dans ses dernières années , Paul adopta les lettres encycliques comme une forme d'écrits bien appropriée au vaste ministère pastoral qu'il avait à remplir. En écrivant à une Eglise, la pensée lui venait que les choses qu'il dictait pourraient convenir à d'autres Eglises, et il s'arrangeait pour que celles-ci n'en fussent pas privées. On arrive ainsi à concevoir l'épître aux Golossiens et l'épître dite aux Éphésiens dans leur ensemble, comme un pendant de l'épître aux Romains, comme une sorte d'exposition théologique destinée à être transmise en guise de circulaire aux diverses Églises fondées par l'apôtre. L'épître aux Éphésiens n'avait pas le degré d'authenticité de l'épître aux Golossiens; mais elle avait un tour plus général; elle fut préférée. De fort bonne heure, on la tint pour un ouvrage de Paul et pour un écrit de haute autorité. C'est ce que prouve l'usage qui en est fait dans la première épître attribuée à Pierre %

1. Cf. I Pétri, I, 1, 2, 3 (Kph., i, 3, 4, 7); ii, 18 (Eph.,vi, 5); III, 1 etsuiv. (Eph.,v, 22 etsuiv.); iiu 22 (Eph., i, 20 et suiv.j; T 5 (Eph., V, 21J.

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opuscule dont l'authenticité n'est pas impossible, et qui est en tout cas de l'âge apostolique. Parmi les lettres qui portent le nom de Paul, l'épître aux Éphésïens est peut-être celle qui a été le plus anciennement citée comme une composition de l'apôtre des gentils*.

Restent les deux épîtres à Timothée et l'épître à lite. L'authenticité de ces trois épîtres souffre des difficultés insurmontables. Je les regarde comme des pièces apocryphes. Pour le prouver, je pourrais montrer que la langue de ces trois écrits n'est pas celle de Paul; j'y pourrais relever une série de tours et d'expressions ou exclusivement propres ou particulièrement chers à l'auteur"-, qui, étant caractéris-

4. Polycaipc, Episl. ad Phil., c. 1 et c. 12 (peat-ôtre interpolé); Ignace (?), ad Epli., c. 6 (interpolé), c. 12; Irénée, Adv, hœr, V, II, 3; Clément d'Alex., Cohorl. ad génies, c. 9; Strom., IV, 8; Terlullien, Adv. Marc, V, 11, 17; Vaientin, dans les PAîlosopliumena, VI, 34; Canon de Muratori, ligne 50.

2. Par exemple, la formule y.api; é'>.£c; eÎ{.w, (cf. II Joh., 3), matôç ô Xo'yo;, 5'i^aa»aX(a û'jiaî/cua?., Xi-^ci ô-^iaîvcvTEî, Xo'j'o; û-jtr,;, û-j'taîveiv èv r-^ TTÎOTgt, psênÀoç, aipexticô; à'>6fto7:oç, ivapaôyixYi, eùffcSsia, eùffsSûî, àvôpto-c; ôêcw, UTïiaEi;, èîTi(fkâv£ia (au lieu de Tiapouaia), ffwr^ appliqué à Dieu, p-aTaioXo-yoç, [y.aTatoXo"j'îa, X&"^op.ay^îoc!, Xo"j'C[Aay,eTv, xevocpwvtac 0(i)(ppcvtT(;.o;, ducppo'vwç, ffwopwv, iîaoaiT£Îo6ai, 7:£cii(jTao6ai, àsToy^elv, {irtC}/.t[i.vyi(j/4£i'j ' TjapaxsX'^jôciv rîi ^iJaa;«xXîa , Trpoasy^êtv , àavEraôat , xa/à

fp-ya, ^£(7-07/,, au lieu de /-ypicç, etc. La plupart de ces expressions reviennent souvent dans les trois épîtres; elles manquentou sont rares-

tiques, devraient se trouver en proportion analogue dans les autres épîtres de Paul, et qui ne s'y trouvent pas, au moins en la proportion voulue. D'autres expressions, qui sont en quelque sorte la signature de Paul, y manquent. Je pourrais surtout montrer que ces épîtres renferment une foule d'inconvenances, soit au regard de l'auteur supposé , soit au regard des destinataires supposés ^ Le trait ordinaire des let-

dans les épîtres authentiques. Avec un dictionnaire aussi limité que l'est celui des écrivains du Nouveau Testament, les raisonnements comme celui que nous venons de faire ont toujours une grande force. Le nombre moyen de fois qu'un mot doit revenir en un certain nombre de pages d'un auteur, surtout d'un auteur comme saint Paul, est presque fixe. Pareillement, un ensemble de mots étrangers à l'usage d'un écrivain se donnant en quelque sorte rendez-vous dans quelques pages prouve que ces pages ne sont pas de l'écrivain en question. Or, ce qui caractérise justement nos trois épîtres, c'est le retour perpétuel des mêmes mots, mots qui ne se trouvent pas ou se trouvent très-rarement dans les autres épîtres.

4 . Par exemple, les suscriptions solennelles (opposez Philera., i ; et pourtant Paul était moins intime avec Philémon qu'avec Tite et Timothée); les développements oiî Paul entre sur son apostolat (I Tim., I, 11 et suiv.; ii, 7), développements qui, adressés à un disciple, sont tout à fait inutiles; l'énumération de ses vertus (II Tim., m, 10-11); son assurance du salut final (II Tim., iv, 8; cf. I Cor., iv, 3-4; ix, 27). ITim., i, 13, est bien sous la plume d'un disciple de Paul, non sous la plume de Paul lui-même. I Tinj., II, 2, n'a pas de sens dans les dernières années de Néron, cela a été écrit après l'avènement de Vespasien. Ibid., v, 18, on trouv»

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très fabriquées avec une intention doctrinale e:t que le faussaire voit le public par-dessus la tête du prétendu destinataire, et écrit à celui-ci des choses que celui-ci sait très-bien, mais que le faussaire tient à faire entendre au public. Les trois épîtres que nous discutons ont à un haut degré ce caractère ^ . Paul , dont les lettres authentiques sont si particulières, si précises, Paul, qui , croyant à une prochaine fin du monde, ne suppose jamais qu'il sera lu dans des siècles, Paul serait ici un prêcheur général, assez peu préoccupé de son correspondant pour lui faire des sermons qui n'ont aucune relation avec lui, et lui adresser un petit code de discipline ecclésiastique en

cité comme Y-y.(fi un passage de Luc, x, 7; or. l'Évangile de Luc n'existait pas, au moins comme ipa'-?-n, avant la mort de Paul. Enfin, l'organisation des Églises, la hiérarchie, le pouvoir presbytéral et épiscopal sont, dans ces épîlres, beaucoup plus développés qu'il n'est permis de les supposer, aux dernières années de la vie de saint Paul (voir Tit., i, o et suiv., etc.; Timolhée a reçu les dons spirituels par l'imposition des mains du collège des prêtres de Lystres : I Tim., iv, 14). La doctrine sur le mariage, I Tim., II, 15; IV, 3; v, H (cf. m, 4, 12; v, 10), est aussi d'un âge plus avancé de l'Église et parait en contradiction avec I Cor., VII, 8 et suiv., 25 et suiv. Le destinataire des épîtres à Timothée est censé à Éphèse; comment ne trouve-t-on dans ces épîtres aucune commission, aucune salutation expresse pour les Éphésiens? 1. Remarquez, par exemple, II Tim., m, < 0-1 1, ou bien I Tim., I, 3 et suiv., 20; Tit., i, 5 et suiv., et la mention de Ponce- Pilate, I Tim., vi, 13, etc.

vue de l'avenir '. Mais ces arguments, qui seraient à eux seuls décisifs, je peux m'en passer» Je ne me servirai pour prouver ma thèse que de raisonnements en quelque sorte matériels; j'essayerai de démontrer qu'il n'y a moyen de faire rentrer ces épîtres ni dans le cadre connu, ni même dans le cadre possible de la vie de saint Paul.

Une observation préliminaire très-importante, c'est la similitude parfaite de ces trois épîtres entre elles, similitude qui oblige de les admettre toutes trois comme authentiques ou de les repousser toutes trois comme apocryphes. Les traits pai'ticulicrs qui les séparent profondément des autres épîtres de saint Paul sont les mêmes. Les expressions étrangères à la langue de saint Paul qu'on y remarque se trouvent également dans les trois. Les défauts qui en rendent le style indigne de Paul sont identiques. C'est quelque chose d'assez bizarre que, chaque fois que saint Paul prend la plume pour écrire à ses disciples, il oublie sa façon habituelle, tombe dans les mêmes lenteurs, les mêmes idiotismes. Le fond des idées donne lieu à une observation analogue. Les trois épîtres sont pleines de vagues conseils, d'exhortations morales, dont Timothée et Tite, familiarisés par

\. Observez l'insignifiance du passage I Tim., m, 14-15, qur cherche à donner la raison de ces inutiles longueurs.

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un commerce de tous les jours avec les idées de l'apôtre, n'avaient nul besoin. Les erreurs que l'on y combat sont toujours une sorte de gnosticisme ^ La préoccupation de l'auteur dans les trois épîtres ne varie pas ; on sent le soin jaloux et inquiet d'une orthodoxie déjà formée et d'une hiérarchie déjà développée. Les trois écrits se répètent parfois entre eux * et copient les autres épîtres de Paul ^ Une chose est certaine, c'est que, si ces trois épîtres ont été écrites sous la dictée de Paul, elles sont d'un même période de sa vie * , d'un période séparé par de longues années du temps où il composa les autres épîtres. Toute hypothèse qui mettrait entre les trois épîtres en question un intervalle de trois ou quatre ans, par exemple , ou qui placerait entre elles quelqu'une des autres épîtres que nous connaissons, doit être repoussée. Pour expliquer la similitude des trois épîtres entre elles et leur dissemblance avec les autres , il

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