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Suétone, Néron

7. Suétone, Néron, 34; Dion Gassius, LXIII, 14. Cf. Pausanias, I, xxYiii, 6.

/An ;.3j SAINT PAUL. J83

De nobles étrangers, des descendants de rois détrônés * , venaient dépenser leur fortune à Athènes , et aimaient à se voir décorés des titres de choréges et d'agonothètes.Tous les petits rois barbares mettaient leur émulation à rendre service aux Athéniens, à restaurer leurs monuments"-.

La religion était une des causes de ces faveurs exceptionnelles. Essentiellement municipale et politique à son origine, ayant pour base les mythes relatifs à la fondation de la ville et à ses divins protecteurs , la religion d'Athènes ne fut d'abord que la consécration religieuse du patriotisme et des institutions de la cité. C'était le culte de l'Acropole ; « Aglaure » et le serment que prêtaient sur son autel les jeunes Athéniens n'ont pas d'autre sens; à peu près comme si la religion consistait chez nous à tirer à la conscription, à faire l'exercice et à honorer le drapeau. Cela devait bientôt devenir assez fade ; cela n'avait rien d'infini, rien qui touchât l'homme par sa destinée, rien d'universel; les railleries d'Aristophane contre ces dieux de l'Acropole ^ prouvent qu'à eux seuls ils n'auraient point captivé toutes les races. Les

i. Coiy. inscr. gr.j n° 362. Cf. Plut., Quœsù. symp., I, x, 4. 2. Corp. inscr. gr., n"« 265, 357-362; Jos., B. J., I, xxi, K\\ Vilruve, Y, ix, 1 ; Suétone, Aug., 60. 3 Voir' surtout Lysislrata, 750 et suiv.

femmes se tournèrent de bonne heure vers de petites dévotions étrangères comme celle d'Adonis ; les mystères surtout firent fortune; la phJJosophie, entre les mains de Platon, était à sa manière une délicieuse mythologie, tandis que l'art créait pour la foule des images vraiment adorables. Les dieux d'Athènes devinrent les dieux de la beauté. La vieille Athéné Poliade n'était qu'un mannequin sans bras apparents, emmaillotté d'un péplos, comme est la vierge de Lorette. La toreutique réalisa un miracle sans exemple : elle fit des statues réalistes à la façon des madones italiennes et byzantines, chargées d'ornements appliqués, qui furent en même temps de merveilleux chefs-d'œuvre. Athènes arriva de la sorte à posséder un des cultes les plus complets de l'antiquité. Ce cuite subit une sorte d'éclipsé lors des malheurs de la cité; les Athéniens furent les premiers à souiller leur sanctuaire : Lacliarès vola l'or de la statue d'Athéné ; Démétrius Poliorcète fut installé par les habitants eux-mêmes dans l'opisthodome du Parthénon; il y logea ses courtisanes près de lui, et l'on plaisanta du scandale qu'un tel voisinage dut causer à la chaste déesse * ; Aristion , le dernier défenseur de l'indépendanoe d'Athènes, laissa s'éteindre la lampe immor-

A. Plutaïque, Vie de Démétrius, 23-24.

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telle d'Athéné Poliade'. Telle était cependant la gloire de cette ville unique , que l'univers sembla prendre à cœur d'adopter sa déesse, au moment où elle la délaissait. Le Parthénon , par le fait des étrangers , retrouva ses honneurs ; les mystères d'Athènes furent un attrait religieux pour le monde païen tout entier*.

Mais c'était principalement comme ville d'école qu'Athènes exerçait un singulier prestige. Cette nouvelle destinée, qui par les soins d'Adrien et de Marc-Aurèle devait avoir un caractère si tranché, était commencée depuis deux siècles ^ La ville de Miltiade et de Périclès s'était transformée en une ville d'université , une sorte d'Oxford , rendez-vous de toute la jeune noblesse, qui y répandait l'or à pleines mains*. Ce n'étaient que professeurs, philosophes, rhéteurs, pédagogues de tout genre,

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