Cf. Notices et extraits, XVIII, 2« partie, p
5. Voiries inscriptions: par exemple, Garrucci, Cimitero degli
(An 54] SAINT PAUL. 245
naient des éloges et des termes de tendresse. L'esprit de famille, l'union du mari et de la femme, leur estime réciproque, la reconnaissance du mari pour les soins et la prévoyance de sa femme, respirent d'une manière touchante dans les inscriptions juives * , qui en ceci ne faisaient que refléter le sentiment des classes humbles où la propagande chrétienne recrutait des adeptes. Chose singulière! les idées les plus relevées sur la sainteté du mariage ont été répandues dans le monde par un peuple chez lequel la polygamie n'a jamais été universellement interdite ^ ]\Iais il faut que, dans la fraction de la société juive où se forma le christianisme, k polygamie fut abolie de fait , puisque jamais on ne voit l'Eglise songer qu'une telle énormité ait besoin d'être condamnée.
La charité, l'amour des frères élait la loi suprême, commune à toutes les Eglises et à toutes les
ant. Ebreij p. 68, l'éloge d'une femme juive qui a vécu (Ao'vav^poî \t.trx Trapôsvixoù aù-^;. Cf. Corp. inscr. gr., n* 9903; de Rossi, Roma sotl., I, tav. xxix, n° 1.
1. Voir les inscriptions juives publiées parKirchhoffetGarrucci, en particulier les deux belles inscriptions de Garrucci, Cimitero, p. 68.
2. Voir Code rabbinique (de Joseph Karo) , traduit par MM. Sautayra et Charleville (Alger, 1868), I, p. 41 et suiv.
246 ORIGINES BU CHRISTIANISME. [An 54}
écoles ^ La charité et la chasteté furent par excellence les vertus chrétiennes, celles qui firent le succès de la prédication nouvelle et convertirent le monde entier. Il était commandé de faire du bien à tous; cependant, les coreligionnaires étaient reconnus dignes d'une préférence \ Le goût du travail était tenu pour une vertu. Paul, en bon ouvrier, reprenait énergiqueinent la paresse et l'oisiveté, et répétait souvent ce naïf proverbe d'homme du peuple : « Que celui qui ne travaille pas ne mange pas ^ » Le modèle qu'il concevait était un artisan rangé, paisible, appliqué à son travail , goûtant tranquillement et le cœur en repos le pain qu'il a gagné * . Que nous sommes loin de l'idéal primitif de l'Église de Jérusalem, toute communiste et cénobitique, ou même de celle d'Antioche, toute préoccupée de prophéties, de dons surnaturels, d'apostolat ! Ici, l'Église est une association de bons ouvriers, gais, contents, ne jalousant pas les riches, parce qu'ils sont plus heureux qu'eux, parce qu'ils savent que Dieu ne juge pas comme les mondains, et préfère l'honnête main calleuse à la main
4. I Thess., IV, 9-10. Cf. Joann., xiii, 34; xv.4 2, 17; I Jean, m, 10; IV, 12.