II Tim., IV, 9 et suiv
3. II Tim., I, -15, 16 et suiv., surtout verset 18; ii, 17 et suiv., IV. 44 et suiv. surtout verset 15.
INTRODUCTION. xlix
composer de billets authentiques adressés à Tite et à Timothée, qu'on aurait délayés dans un sens con forme aux idées du temps et avec l'intention de prêtef l'autorité de l'apôtre aux développements que prenait la hiérarchie ecclésiastique ? C'est ce qu'il est difficile de décider. Peut-être, en certaines parties, à la fin de la deuxième à Timothée, par exemple, des billets de différentes dates ont-ils été mêlés; mais même alors il faut admettre que le faussaire s'est largement donné carrière. Une conséquence, en effet, qui sort de ce qui précède, c'est que les trois épîtres sont sœurs, qu'elles ne font à vrai dire qu'un même ouvrage, et qu'on ne peut faire de distinction entre elles pour ce qui touche à l'authenticité.
Tout autre est la question de savoir si quelquesunes des données de la deuxièm^e à Timothée , par exemple i, 15-18; ii, 17-18; iv, 9-21. n'ont pas une valeur historique. Le faussaire , quoique ne sachant pas bien la vie de Paul et ne possédant pas les Actes ^, pouvait avoir, notamment sur les derniers temps de l'apôtre, des détails originaux. Nous croyons en particulier que le passage de la seconde à Timothée , iv, 9-21 , a beaucoup d'importance et
•1. Notez cependant II Tim., m, 41. Comparez aussi AcU, xx 25, et II Tim., iv, 7.
L SAiiNT PAUL.
jette un jour vrai sur la prison de saint Paul à Rome. Le quatrième Evangile est aussi à sa manière un ouvrage apocryphe ; on ne peut pas dire pour cela que ce soit un ouvrage sans valeur historique. Quant à ce qu'il y a de bizarre d'après nos idées dans de telles suppositions d'ouvrages, il ne faut nullement s'y arrêter. Gela ne causait pas le moindre scrupule*. Si le pieux auteur des fausses lettres à Timothée et à Tite pouvait revenir et assister aux discussions dont il est cause parmi nous, il ne se défendrait pas; il répondrait comme le prêtre d'Asie , auteur du roman de Thécla, quand il se vit poussé à bout : convictum atque confessum id se amore Pauh fecisse *.
L'époque de la composition de ces trois épîtres peut être placée vers l'an 90 ou 100. Théophile d'Antioche (vers l'an 170) les cite expressément ^ Irénée*, Clément d'Alexandrie % Tertullien*^, les admettent aussi. Marcion, au contraire, les repous-
4. Il y eut encore d'autres épîtres apocryphes de Paul dès le II* siècle. Canon de Muratori, lignes 62-67; Épiph., haer. xlu, 9, 41, 12; saint Jér., De viris ilL, 5; Théodorel, sur Col., iv, 16 et suiv.